30 décembre 2010

Des planchers propres pour ce 30 décembre 1955


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Il s'en passe des choses dans l'actualité de ce 30 décembre 1955 et peut-être se trouve t-il encore des gens pour lire les journeaux ou écouter la radio mais pour la grande majorité des gens ce sont les préparations de la veillée du nouvel an qui importe. Pour de nombreuses femmes il faut non seulement préparer à nouveau plein de nourriture comme celà a été le cas à Noël mais il faut aussi s'assurer que toute la maison est bien rangée.

Il faut aussi voir à la propreté des planchers car sinon, que va dire toute la parenté? Dans les années 50 la grande majorité des planchers de cuisine sont en prélart véritable que le jargon populaire renommera "prélat". C'est une surface relativement durable mais qui doit être polie de temps à autres, surtout à la veille de recevoir de la grande visite nombreuse.

Alors mesdames, General Electric à pensé à vous avec cette magnifique polisseuse à plancher  qui peut nettoyer toute une cuisine en moins de 2 minutes trente secondes top. Et elle ne pèse que seize livres!!

Pour tout dire, j'ignore complètement si cette polisseuse pouvait effectivement polir tout un plancher de cuisine en aussi peu de temps que ne l'affirme General Electric mais ce dont je suis à peu près certain c'est qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de femmes qui utilisaient cet appareil chaussées de tels escarpins!

Cette annonce est amusante surtout pour la façon dont le graphiste a juxtaposé le modèle avec des décors tracés à la plume. Ce dernier a aussi dû intégrer dans un espace relativement restreint toute une foule de détails exigés par le client et je dois dire qu'il a fait ici un très bon boulot en y intégrant tous ces éléments sans que le tout ne paraisse surchargé. 

25 décembre 2010

Des tapis propres pour ce jour de Noël 1955


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En ce jour de Noël 1955 on apprend que le gouvernement fédéral accuse un surplus dans ses revenus de l'ordre de $105,600,000 pour les huit premiers mois de l'année fiscale. A pareille date un an plus tôt ce surplus s'était chiffré à $91,700,000.

On apprend également une bien triste nouvelle alors que la veille, vers 18:15 le conducteur d'une voiture dans laquelle prenait aussi place trois autres personnes, a doublé toute une file d'autos qui attendaient patiemment à un passage à niveau du Canadien Pacifique à l'angle des rues Crémazie et de l'Épée. Au moment de traverser les voies ferrées la voiture fut violemment frappée par un train de passagers qui venait tout juste de quitter la gare Jean-Talon. Les occupants de la voiture, comme on le devine, ont tous été tués sur le coup.

Mais la plupart des gens n'ont pas encore regardé le journal et en ce matin de Noël on s'occupe plutôt avec les cadeaux reçus la veille. Et quelle mère de famille n'aurait pas été heureuse de recevoir, comme dans l'annonce d'aujourd'hui, un magnifique balai mécanique pour tapis de marque Bissell? Et quelle petite fille n'aurait pas été absolument histérique en recevant une version miniature du balai de maman? Pour ce père de famille c'était là les cadeaux parfaits, tellement parfaits que la petite fille ne tarde même pas à l'essayer de suite!

Bissell ne date pas d'hier. En fait, bien que Melville Bissell fonda sa première manufacture de balais à tapis mécaniques en 1883 à Grand Rapids au Michigan, il en inventa le premier appareil en 1876 en prenant soin de le protéger d'un brevet. En 1890 la compagnie fabriquait plus de 1000 balais par jour.

En 2004 Bissell acquit la compagnie Woolite pour $62 millions et diversifia sa gamme de produits. En 2009 la compagnie devanca Hoover dans les ventes de produits d'entretien ménagers. Bissell n'a jamais eu d'usine à Montréal mais en fit construire une en 1905 à Mississauga en Ontario. On peut visiter leur site web ici.


Quant à l'annonce proprement dite, sans jeu de mot, elle a de quoi faire sursauter aujourd'hui de par son sexisme mais pour 1955 c'était dans la norme et cette norme, eh bien ceux qui ont conçu cette pub l'on soulignée bien gras. Le texte peut bien donner moults détails sur les prix mais l'élément qui parle dans cette publicité est bien entendu la photo. Il est amusant de noter le père qui tient une fausse barbe dans la main et qui ne semble pas inquièter sa fille qui semble encore en âge de croire au Père Noël.

23 décembre 2010

En ce noël 1955 n'oubliez pas le Tuck Tape!


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En ce vendredi 23 décembre 1955 on ne parle que de cet épouvantable incendie qui s'est déclaré à l'angle des rues Ste-Catherine et Bleury la veille. Le feu était si intense que plus de 225 pompiers provenant de plus de 25 casernes furent dépêchés sur les lieux. Un pompier fut grièvement blessé en tombant d'un troisième étage et d'autres subirent diverses blessures pour lesquelles ils reçurent tous les premiers soins sur place. Outre les pompiers on ne compta heureusement aucun blessé. Par précaution on évacua la centaine de spectateurs qui assistaient à un film au théatre Alouette non loin de là.

En raison du sinistre qui a fait rage la Société de Transport cessa le service de tramways sur Ste-Catherine entre De Lorimier et Atwater ainsi que sur la rue Bleury entre les rues Ontario et Craig (actuelle rue St-Antoine). On dépêcha des autobus afin d'assurer la relève non sans faire quelques détours ici et là. Aux petites heures du matin le service avait repris.  

Partout ailleurs on se prépare pour les festivités du réveillon. Quelques retardataires espèrent trouver un cadeau de dernière minute mais dans la plupart des foyers les présents sont tous achetés et soigneusement emballés. Et que seraient les emballages sans le produit-vedette du jour?

La publicité est très simpliste dans son agencement et son exécution mais par contre on voit que le graphiste/illustrateur semble avoir tourné les coins ronds un peu sur l'exécution du distributeur de ruban où le logo paraît un peu bâclé. L'ensemble fait néanmoins son travail de nous vendre l'idée que le ruban adhésif Tuck Tape est quelque chose qu'il ne faut pas oublier d'acheter. 

Le fameux ruban adhésif comme on le voit, il ne date pas d'hier. Dans la publicité d'aujourd'hui c'est de la marque Tuck Tape dont il est question, fabriqué par la compagnie Canadian Technical Tape Limited. Où se trouvait cette compagnie? Voyons voir le Lovell de 1955 un peu.


Le 3480 Jeanne-Mance ne devait être qu'un bureau administratif puisque ce secteur de la rue est relativement résidentiel. Quant au 5541 Papineau, l'adresse impaire nous indique un côté est et donne approximativement là où débouche la rue St-Grégoire. Aujourd'hui le Tuck Tape est une marque toujours vendue en magasin et il se trouve encore un usine à Montréal au 455 boulevard de la Côte-Vertu et dont on peut visiter le site web ici.


22 décembre 2010

L'objet de ses rêves pour Noël 1954


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Qui dit période des fêtes dit réunions familiales et 1954 ne fait pas exception. Les oncles, tantes, cousins, grand-parents, bref, toute la parenté se retrouve et il n'est pas rare de voir 25, 30 personnes dans une seule et même maison, parfois même plus, à festoyer. De quoi vas t-on parler en ce Noël de 1954? Peut-être les femmes vont discuter de la version filmée du Survenant de Germaine Guèvremont et qui est tout récemment sorti. Sûrement qu'elles échangeront des idées de recettes et de bonnes adresses pour toutes sortes de choses. Pendant ce temps-là les hommes parleront hockey mais fort probablement aussi de la défaite des Alouettes le 27 novembre en finale de la coupe Grey, eux qui espéraient tant voir Etchevery, Patterson, O'Quinn et le reste de l'équipe l'emporter.

Mais parmis tous les cadeaux que l'on retrouve sous l'arbre et qui ne seront évidemment déballés qu'après la messe de minuit, est-ce qu'il se trouve un de ces rasoirs électriques Philishave? Est-ce vraiment l'objet de ses rêves? Peut-être pour certains hommes, qui voient dans ce rasoir un moyen de se faire la barbe plus rapidement alors que pour d'autres la mousse et le rasoir à main et peut-être la main experte et sûre du barbier  demeure irremplaçable.

Dans la pub d'aujourd'hui je dois dire chapeau au graphiste/illustrateur qui a si bien rendu l'expression du père qui reçoit et de sa fille qui donne. Le tout étant réalisé de façon très adroite au lavis, mélange d'encre de chine et d'eau dont les proportions de l'un et l'autre peuvent donner plein de tons de gris différents. Par contre, il s'agit d'une publicité destinée à être publiée dans le temps des fêtes et l'absence de couleurs festives, remplaçées ici par une jaune serin ne fut peut-être pas la meilleure idée. Il y a bien le sapin, quelque peu perdu au milieu à droite mais il paraît quelque peu perdu. Je ne sais pas non plus interprèter les enfants, simplement traçés au pinceau en haut complètement... 

Quant à Philips, ses bureaux se trouvaient, en 1954, au 8525 Décarie, un bâtiment qui existe encore mais rénové et qui n'abrite évidemment plus la célèbre compagnie qui vend encore aujourd'hui des milliers de rasoirs électriques. 

21 décembre 2010

Une véritable source de plaisir pour décembre 1954


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Décembre 1954. Pour les gens habitant les campagnes et terres agricoles du Québec la fête de Noël prend toute une tournure lorsque Maurice Duplessis annonce dès le début du mois une subvention de $30 millions de dollars afin d'électrifier les régions rurales. Et à Montréal les gens observent les premiers pas de Jean Drapeau à la mairie de la ville alors qu'il fut élu le 25 octobre sous la bannière de la Ligue d'Action Civique.

Pour l'annonce d'aujourd'hui, qui s'inscrit dans le cadre d'un spécial Noël, nous avons la bière bien connue Red Cap brassée par Carling dont j'ai parlé dans un autre article le 13 septembre 2010.  Carling utilise ici sa mascotte, Jos Gobelet, qui nous affirme une fois de plus que la red Cap est une véritable source de plaisir, slogan que la compagnie réutilisera en 1955.

Ici la publicité ne se perd pas en menus détails. Le graphiste a fignolé ici avec un certain amusement qui se sent bien, des petites illustrations très stylisées pour le temps des fêtes. Pas envahissantes du tout elles complètent une ensemble bien balançé sur un fond bleu clair qui laisse respirer chaque élément afin de laisser le slogan faire son travail.

20 décembre 2010

RCA Victor pour Noël 1955


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Décembre 1955. Au Québec on parle évidemment de cet épouvantable glissement de terrain qui eut lieu le 12 novembre à Nicolet et dans lequel trois personnes perdirent la vie. Plusieurs bâtiments furent emportés dont la cathédrale qui fut complètement détruite. 

Partout au Québec les gens sont attristés de cet évènement mais se préparent néanmoins à fêter Noël dans la joie. Si vous êtes à Montréal sur la rue Ste-Catherine vous y voyez une frénésie et une activité commerciale à couper le souffle. Toutes les vitrines sont décorées de couleurs festives avec des rubans, boucles et personnages du temps des Fêtes. Les foules se pressent dans les grands magasins du temps; Simpsons, Eaton, Morgans, Dupuis Frères et Ogilvie avec sa fameuse vitrine animée. On magasine beaucoup pour offrir des cadeaux mais aussi pour de beaux vêtements pour aller chez la parenté, la recevoir et bien sûr pour assister à la fameuse Messe de Minuit.

Un cadeau très dispendieux mais incroyablement apprécié est un appareil de télévision. Ceux offerts par RCA Victor sont bien jolis mais malheureusement pas à la portée de toutes les bourses. Alors que le salaire moyen de 1955 est d'environ $2800 par an, même le téléviseur le moins coûteux de cette pub à $369 représente un mois et demi de salaire!

La publicité ci-haut a été bien pensée et bien structurée. La couleur verte, évidemment dominante, a été retenue parce qu'elle rappelle le vert du sapin. L'ouverture dans laquelle on voit une famille typique de l'époque a été faite en forme de cadeau avec une boucle en haut. L'ensemble ne souffre pas d'inégalité et fait exactement ce qu'il doit faire: vendre le rêve de possèder un appareil RCA Victor pour 1956.

RCA Victor est une compagnie américaine qui fut fondée en 1919 d'abord sous le nom de Radio Corporation of America. En 1929 elle se porta acquéreur de Victor Talking Machine Company, bien connue pour ses phonographes dont le fameux Victrola. Par cet achat RCA Victor devint en même temps propriétaire majoritaire de Victor Company of Japan (JVC). 

14 décembre 2010

Paléontologie urbaine

Vous allez certainement me dire que je me suis trompé en écrivant le titre de cet article! L’archéologie passe encore, mais la paléontologie n’est-elle pas l’étude des espèce animales préhistoriques? Si. Et je peux vous affirmer que mon titre ne comporte aucune faute. Je peux presque voir les points d’interrogration apparaître au-dessus de vos têtes et pourtant, dans cet article, je vais joindre paléontologie et architecture du début du siècle.

Si le béton armé avait commençé à faire son apparition vers 1915, la pierre demeura la matière de choix pour la construction pour quiquonque en avait les moyens, qu’elle vienne d’ailleurs (grès rouge d’Ecosse, marbre du Vermont) ou qu’elle soit issue d’une carrière locale (granit, grès, pierre grise ou calcaire). Maintenant, si vous avez déjà eu le bonheur (ou le malheur, c’est selon) de creuser le sol à Montréal ou en banlieue, vous avez très certainement remarqué qu’une des premières matières rencontrées est… la glaise.

C’est qu’il y a environ 10 000 ans, l’est du pays était recouvert par la Mer de Champlain. Une ancienne mer aujourd’hui disparue qui couvrait, peu après la dernière glaciation, un espace allant de la région de la Ville de Québec à l’Isle-aux-Allumettes et jusqu’à Kingston en Ontario. Aujourd’hui, cet espace est occupé par la vallée du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. Par définition, Montréal se trouvait donc au fond de cette mer. Et qui dit fond de la mer dit faune marine. Avec un peu de chance, cette faune risque de gagner à la loto-fossile. La chance inouïe de se voir incrusté dans la pierre et préservé pour des milliers voire des millions d’années.

Fond de mer, faune marine, fossilisation, excavation de pierre dans les carrières… Vous me suivez?

C’est donc tout à fait pas hasard que j’ai découvert un immeuble dont les pierres regorgent de ces vieux fossiles marins. Le bâtiment en question est le complexe d’appartements Le Château, construit en 1924-26. Je prenais des photos de ce superbe édifice lorsque, en longeant la rue de La Montagne, mon regard fut attiré par d’étranges variations géologiques dans la pierre. En y regardant de plus près je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait en fait de fossiles marins que je ne peux dater, un diplôme en paléontologie manquant à mon CV. Il faut avouer tout de même qu’il s’agit de quelque chose d’absolument fascinant.

Pour les admirer, rendez vous au 1321 Sherbrooke ouest et longez la rue de La Montagne vers le nord, vous les appercevrez très facilement.




5 décembre 2010

Combattre l'hyperacidité en 1957

En 1957 le ministre des finances du gouvernement Duplessis prévoit dans son budget une hausse de dépenses de $100 millions, du jamais vu. Duplessis annonce la construction de la première autoroute au Québec et qui reliera Montréal à St-Jérôme. Duplessis, toujours, impose la loi du cadenas mais la Cour Suprême l'invalide. A ce moment-là Duplessis à certainement dû utiliser le produit-vedette d'aujourd'hui.


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Les années 50 ont été une véritable orgie alimentaire de viande rouge, de shortning, de beurre, de sauces riches et épaisses. Il ne faut donc pas s'étonner que plusieurs personnes de l'époque se retrouvaient comme ça avec des brûlures d'estomac fréquentes.  Ici, on soigne le bobo plutôt que de soigner la cause du bobo. 

Cette pub en noir et bleu est simple, dégagée et va droit au but. Le produit est dans le centre afin de lui donner tout l'importance voulue. Le texte se lit très bien dans le sens vertical et on ne s'est pas perdu à alourdir l'ensemble d'éléments inutiles. Clair, propre, simple et aéré mais efficace.