27 janvier 2011

Ste-Catherine: rue marchande

Il fut un temps où la publicité, d’un commerçant ou d’un quelquonque produit, n’était pas imprimée par centaines et vulgairement collées sur de grands panneaux dont les larges feuilles se déchiraient. Les publicités d’antan étaient l’affaire d’artistes. Après qu’un graphiste eut conçu sur papier ce que le client voulait, des peintres spécialisés et fort habiles assemblaient un échaffaudage et peignaient ladite publicité en grand format (ou en petit selon les besoins et moyens du client) directement sur la brique d’un bâtiment qui pouvait être ou ne pas être adjacent au commerce en question.  Aujourd’hui il est question d'un petit secteur de la rue Ste-Catherine, entre de la Montagne et Stanley. Du côté Nord de Ste-Catherine on peut apperçevoir le jeu de publicités suivantes:


Ces publicités ont prit un certain coup et pour cause, elles sont exposées aux rayons du soleil alors qu’il est à son plus fort. Sans compter le vent, la pluie et la neige. La première publicité en haut (la principale) est celle de John Henderson, compagnie qui fut fondée en 1834 et dont le commerce principal était la fourrure. Toutefois, la publicité nous apprend que la compagnie vendait également du linge pour hommes. La magasin en soi se trouvait à quelques pas dans un superbe bâtiment de pierre grise au coin de Stanley et Ste-Catherine.


La publicité juste en dessous on arrive à lire partiellement « Holland ». Une recherche dans le Lovell de l’époque m’a montré ceci:


Il s’agit donc du commerce G.A, Holland & Sons, compagnie fondée en 1843 et qui vendait entre autres des meubles, des draperies et du papier peint. L’autre publicité en-dessous est Charles Culross. Une autre recherche dans le Lovell m’a permis de trouver qu'il s'agissait d'un marchand de pianos et grammophones.


De l’autre côté de la rue à proximité se trouve une autre publicité peinte qui a mieux résisté aux affres du temps et des éléments mais bien peu face aux graffitis. Il s’agit de la publicité de Lindsay Pianos Limited. On peut voir une autre publicité superposée où l'on apperçoit le mot "RADIOS" en bas. 


Encore une fois, le Lovell de l’époque m’a confirmé ceci:


Monsieur C. W. Lindsay était donc, comme monsieur Culross commerçant de pianos et phonographes. Un autre coup d’oeil aux alentour me fit découvrir que les marchands de pianos se pilaient presque sur les pieds dans ce secteur puisque j’ai trouvé une autre publicité peinte (plus modeste) tout près:



Le Lovell confirme qu’il s’agit bien d’un commerce local:



Maintenant vous vous demandez certainement quel est ce Lovell dont je fais mention dans les articles sur l’histoire de la ville. Lovell est surtout le nom de l’imprimerie située dans le Vieux-Montréal et qui fut fondée en 1835. Encore plus remarquable est non seulement le fait que l’imprimerie occupe le même emplacement depuis sa fondation mais elle est encore dirigée par la famille Lovell. Ainsi, en 1842, on y imprima le premier répertoire des gens d’affaires du Vieux-Montréal (qui continue d’être publié à ce jour). L’imprimerie est également la plus vieille entreprise toujours dirigée par des descendants de la famille fondatrice.

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