19 juin 2011

La fête des pères


Cette photo remonte je crois à une époque où ma mère n'était pas encore née. On y voit ici ma grand-mère ainsi que mon grand-père. Selon les quelques éléments qui s'y trouvent je serais porté à croire que cette photo a été prise sur la rue de Rouen un peu à l'est du viaduc ferroviaire du CP qui a changé quelque depuis ce temps. La photo était passablement amochée incluant une déchirure et c'est avec beaucoup de patience et de minutie que je suis parvenu à lui redonner un tant soit peu son apparence d'origine.

Mon grand-père était un homme de labeur mais aussi très intelligent comme en témoignent ses bulletins scolaires que ma mère a précieusement conservé. Il a travaillé de nombreuses années chez J.W. Duncan, une entreprise spécialisée dans le bois ouvragé ainsi que de construction. Il a aussi travaillé aux fameuses «shops Angus» du Canadien Pacifique durant le temps de la guerre. Ensuite c'est au Port de Montréal qu'il s'en est allé et ce, jusqu'a sa retraite. Né en 1915, mon grand-père ne parlait pas beaucoup et semblait entretenir son petit jardin secret. Le dévoilement des émotions n'était jamais à l'ordre du jour, chose assez commune chez les hommes de sa génération. Il aimait beaucoup lire, faire ses mots-croisés assis tranquille sur le balcon et aussi passer un peu de temps avec ses amis dont le fameux Fred. Quels étaient les rêves de mon grand-père, qu'elles étaient ses ambitions, qu'aurait-il aimé accomplir?

Il n'avait pas entamé sa retraite depuis bien longtemps lorsqu'il fut atteint de la maladie, cette bête que l'on ose pas nommer. Celà fut évidemment pénible de le voir s'en aller inexorablement vers la fin, et au bout d'un combat où il avait tout donné il est décédé, à la maison où l'on avait pris grand soin de lui. Là, dans le cadre de la porte de sa chambre, je le regardais. J'étais enveloppé d'un tourbillon d'émotions. J'étais triste de le voir partir, triste aussi parce que j'aurais aimé que la Vie nous le laisse un peu plus longtemps mais en même temps j'étais heureux de le savoir enfin en paix. Il avait l'air paisible, comme seul le repos du guerrier le permet.

Aujourd'hui je tiens à lui dédier cet espace et cet article, juste pour lui, à sa mémoire et aussi pour lui dire que je pense toujours à lui. Je donnerais beaucoup pour l'appercevoir un jour comme ça assis sur le balcon, faisant ses mots-croisés et lui dire, viens, je t'amène prendre un café. Et on va jaser.
Bonne fête grand-papa!

Aucun commentaire:

Publier un commentaire