3 décembre 2011

La culture tiki


La Seconde guerre se termine en 1945 mais ses effets se font encore bien sentir. On quitte toutefois l'économie de guerre pour entrer dans une économie de paix. La victoire des Alliés est galvanisante et au cours des années suivantes s'amorce une reprise économique qui s'avèrera absolument monstre. Les gens ne demandent rien de mieux que de pouvoir profiter un peu de la vie et de meubler celle-ci avec un brin de fantaisie qui se manifestera de façon assez surprenante.

Après la Seconde guerre donc, les soldats américains ayant servi dans le Pacifique reviennent aux Etats-Unis avec des histoires et souvenirs de cette région. James Michener en sortira une histoire, Tales of the South Pacific d'où l'on tirera le film musical South Pacific en 1949. Les voyages d'agrément étant devenus beaucoup plus abordables, les gens peuvent ainsi aller visiter tout une foule de ces paradis tropicaux dont, bien sûr, Hawaï. Commence alors à émerger cette étrange mais fascinante culture qu'est celle du tiki.

Un type de restaurant-bar comme on voyait très souvent aux États-Unis.

Des boissons et cocktails d'inspiration polynésienne et hawaïenne.

 L'intérieur d'un restaurant typique avec ses bambous, sa paille, murs en fausse pierre et décorations suspendues.

 Le genre n'était certes pas né durant les années 40 puisqu'un certain Don Beach avait ouvert dès 1934 un bar nommé «Don's Beachcomber Café» à hollywood et dont le style était on ne peut plus tropical avec une cuisine exotique ainsi que des cocktails aux noms évocateurs. C'était aussi l'époque qui vit apparaître la fameuse chaîne «Trader Vic's», également aux allures exotiques. Mais c'est à la fin des années 40 que l'on assiste à une véritable explosion de la culture pop Polynésienne, ou la culture Tiki qui ne se limite pas aux seules chaînes de restaurants.

Menu du restaurant Trader Vic's.


Une jeune fille du Pacifique dont l'image caractéristique se retrouve sur des menus, cartes, souvenirs...

Un disque de musique polynésienne, un genre qui extrêmement populaire durant les années 50 et 60.


Le design polynésien s'infuse alors dans l'esthétique visuelle autant dans l'architecture que dans la décoration que dans les accessoires. On voit apparaître ici et là des maisons, complexes d'appartements et même des centres commerciaux largement inspirés de la culture tiki. Les américains tombèrent alors littéralement en amour avec ces versions romançées de cet exotisme qui détonait tellement bien d'avec les années d'austérité précédentes.

Préparation d'une boisson par quelqu'un qui sait visiblement comment faire.

 Intérieur luxueux d'un restaurant tiki. Notez les immenses sculptures et les fauteuils en cuir.


Scène de la série télé "I Dream of Jeannie" qui se déroule dans un restaurant tiki.


A Montréal ce type d'exotisme tarde à arriver. Il y a bien la charmante Lili St-Cyr qui enchante les spectateurs au Gayety avec ses spectacles mais il faut attendre plus tard dans les années 50 pour voir apparaître les fameux cabarets comme le Casa Loma, le Mocambo, le Domino et tant d'autres mais les restaurants exotiques à saveur polynésienne sont très peu nombreux.

Il y a cepandant le café Hale Hakala, qui se trouvait au 626 Notre-Dame ouest, pas loin de McGill. Il fut ouvert de 1950 à 1963 et les gens pouvaient y entendre de jouer nombreux orchestres et artistes. Le fameux Tic Toc avait aussi son lounge tiki, le Hawaiian Lounge, qui était situé au deuxième étage.


Le Sheraton Mont-Royal du centre-ville eut le très populaire Kon-Tiki amis qui a aussi fermé ses portes. En 1958 un certain monsieur Landry et son épouse ont ouvert le motel Coconut à Trois-Rivières, lequel fut converti en un bar tiki cinq ans plus tard. Ce changement aurait été fait à la suite d'un voyage qu'aurait fait le couple à Tahiti. Le Coconut est toujours ouvert.


Une illustration montrant l'entrée du restaurant sur la rue Peel.

 Une carte postale de ma collection où l'on voit une photo de l'entrée ainsi qu'une vue de l'intérieur.


La seule présence Tiki à Montréal de nos jours demeure le Jardin Tiki situé dans l'ancien bâtiment du concessionnaire Lepage Automobile et dont les avis semblent être partagés. Certains aiment alors que d'autre n'aiment pas du tout. Il faut mentionner que même si le restaurant possède un thème et des décors rappelant la culture Tiki la cuisine est cepandant assez généraliste et de type buffet.

 L'ancienne enseigne du Tiki Doré, toujours présente sur la rue Sherbrooke est.


Aux Etats-Unis il y a encore toute une foule de restaurants de style polynésien et la mode tiki semble connaître un certain regain qu'il serait intéressant de voir ici.



Aucun commentaire:

Publier un commentaire