28 février 2011

Catalogue Eaton mi-saison, 1939-40, page 37

Il y a un certain temps de celà j'ai pu mettre la main sur un catalogue Eaton qui fut publié durant l'hiver de 1939-40.  Que se passe t-il donc à cette époque par chez-nous? La grosse nouvelle évidemment est le fait que le Canada est officiellement en guerre contre l'Allemagne et ce, depuis le 10 septembre. De ça et là en ville on voit apparaître des publicités faisant la promotion des obligations de la victoire. Aussi, plusieurs femmes commençent à rejoindre les hommes dans les différentes usines afin de participer à l'effort de guerre, un effort qui durera jusqu'en 1945. Les gens s'habituent aussi depuis mars 1939 au concept des coupons pour obtenir différentes denrées alimentaires. 


Quant au catalogue, considérant son âge vénérable de quelques 70 ans, il est en très bonne condition, surtout si l'on considère que ces catalogues n'étaient pas conçus pour durer bien longtemps. Contenant quelques 80 pages, j'ai pris la peine de le numériser soigneusement et de lui redonner un peu de lustre, travail de moine s'il en est un. Je vous présente aujourd'hui la page 37 dans toute sa splendeur, une image qui a nécéssité deux numérisations que j'ai ensuite jointes ensembles. J'ai opté de vous présenter cette page dans un format plus grand que d'habitude afin que vous puissiez en observer tous les détails. Il ne vous suffit que de cliquer dessus et d'utiliser la roulette de votre souris pour la faire défiler verticalement. 



27 février 2011

Les Oscars en 1956

C'est ce soir qu'aura lieu la cérémonie des Oscars. Pour plusieurs il s'agit maintenant d'un évènement morne qui n'a certainement plus l'éclat de ce que fut un jour Hollywood avec un grand H. A cet égard, je vous propose aujourd'hui deux photographies prisent par Alan Grant le soir des Oscars le 21 mars 1956 dans les coulisses du Pantages Theatre où avaient lieu les cérémonies. Je vous mets certainement au défi de trouver aujourd'hui une telle classe et une telle élégance dans une seule et même image.



On aura bien entendu reconnu les actrices Audrey Hepburn et Grace Kelly. L'année précédente Kelly avait remporté l'Oscar pour son interprètation dans le film "The Country Girl" alors que l'autre année d'avant c'était Hepburn qui l'avait remporté pour son rôle dans "Roman Holiday".  C'était l'époque où les actrices n'avaient pas besoin de se dénuder pour que l'on apprécie leur talent.

26 février 2011

Grosse publicité


J’ai accidentellement trouvé cette publicité murale sur un édifice un peu au nord de St-Antoine (anciennement Craig) et St-Denis. Un élément intéressant de cette murale est qu’elle soit bilingue (les publicités étaient surtout en anglais). L’ennui avec ces publicités est le fait qu’elles étaient parfois repeintes à deux ou même trois reprises et que le design de la publicité pouvait changer. Avec le temps et les éléments, les différentes versions en viennent à s’entremêler, ce qui rend parfois l’identification difficile. Dans le cas de cette pub, j’ai identifié le commerce en fouillant dans le répertoire Lovell, édition 1919-20 cette fois.





Cette compagnie, propriété de Louis Wisintainer, fabriquait des moulures de différents types, des cadres ainsi que des miroirs. Il s’agissait essentiellement d’un commerce d’encadrement qui fabriquait sur place ce qu’il vendait. Autre élément intéressant est l’adresse; 58 boulevard Saint-Laurent et cette publicité se trouve presqu’au coin de St-Denis et St-Antoine. L’emplacement et la taille de la publicité laisse croire que la compagnie faisait de très bonnes affaires.


24 février 2011

Test couleur pour Kodak

Aujourd'hui je vous propose un autre bout de film en couleurs tout à fait particulier et qui prédate même de cinq ans celui tourné à Londres en 1927 et dont j'ai parlé il n'y a pas si longtemps. 



Ce film fut tourné en 1922 aux studios Paragon (Fort Lee au New-Jersey) et servit essentiellement à tester un procédé appelé Two-Color Kodachrome Process dont les premiers essais furent faits en 1914. On peut admirer ici l'actrice Mae Murray (1889-1965) dont les couleurs de ses lèvres, yeux et cheveux sont rehaussés. Murray joua dans plus de 44 films mais une dispute avec Louis B. Meyer de MGM lui barra le chemin des studios d'Hollywood. Elle connut une déchéance financière et mourrut à l'âge de 75 ans. On peut voir ensuite une autre actrice, Hope Hampton (1897-1982) qui porte des costumes utilisés dans le film de la même année "The Light in the Dark". Elle est suivie par Mary Eaton, actrice qui est malheureusement décédée à l'âge de 47 ans en raison d'un alcoolisme dont elle n'a jamais pu se débarasser. Et enfin d'une femme non-identifiée.

Toutefois, ce qui frappe l'imaginaire dans ce bout de film est que ces actrices nous apparaissent telles qu'elles étaient à l'époque et nous semblent quelque peu fantômatiques mais tellement naturelles qu'il y a peine à croire que celà a été tourné il y a presque 90 ans. Ce sont les laboratoires Kodak qui ont numérisé ce film mais ils ont opté de ne pas l'améliorer afin d'en préserver l'authenticité.

18 février 2011

Le mystère du 130è - Conclusion

Le 23 mai 1879 au Minnesota est incorporée une compagnie de chemin de fer apparament sans importance; le St. Paul, Minneapolis and Manitoba Railway qui devient rapidement connu sous le nom de Manitoba Road. La compagnie n'est cepandant pas nouvelle puisqu'il ne s'agit que de la réorganisation d'un chemin de fer en grande difficulté financière, le St. Paul and Pacific Railroad, qui est racheté par un groupe d'associés; George Stephen, Donald Smith (vous vous souvenez de ce nom dont j'ai parlé dans l'article précédent?), James Jerome Hill et Normand Kittson. Les médias de l'époque n'accordent que très peu d'importance à cette nouvelle.

N'allons pas trop vite. Qui sont ces messieurs exactement et que viennent-ils faire dans cette histoire au juste?

Alors voilà, George Stephen est un écossais né en 1829 et qui vient s'établir vers 1850 au Canada où il travaille dans l'entreprise de textile du cousin de son père. Stephen démontre des qualités d'homme d'affaires qui impressionnent drôlement. Extrêmement doué en mathématiques et capable de prendre des décisions rapidement, il est nommé acheteur. Il possède un flair pour la qualité et lorsqu'il inspecte des tissus il semble déjà possèder plusieurs années d'expérience. Vers 1860 Stephen est devenu une force redoutable dans le monde de la mercerie et en 1870 et il est un homme très riche. Il en vient à s'intéresser au monde bancaire et entreprend de lire volume par dessus volume sur le sujet afin d'en apprendre le plus possible. Non seulement il investit des sommes considérables dans l'achat d'actions de la Banque de Montréal mais il en devient aussi le directeur général en 1873 puis président en 1876.

George Stephen

James Jerome Hill est un drôle de numéro. Ontarien de naissance il s'est expatrié au Minnesota
alors que débutait l'âge d'or des bateaux à vapeur tels que l'on en voyait sur le Mississippi. Hill a alors investi dans le transport maritime avec son propre bateau, le Selkirk. Plus tard, il s'associa avec son vieux rival, Normand Kittson, pour former la Red River Transportation Company qui exerça bientôt un véritable monopole sur la rivière Rouge écrasant toute compétition avant même qu'elle ne se pointe le bout du nez.

James Jerome Hill

Normand Kittson quant à lui était un type assez ingénieux qui, dans les années 1840 avait établi
un poste de traite à Pembina, avec lequel il en vint quelques années plus tard à contrôler tout le traffic de fourrures provenant du Canada. Il était de par cette position en compétition directe avec la compagnie de la Baie d'Hudson et parvint éventuellement à briser le monopole de cette dernière. Kittson s'intéressa au transport maritime en achetant un bateau à vapeur; l'International, et il y eut un compétition féroce entre sa compagnie et celle de Hill, jusqu'à ce que les deux décident de faire copain-copain en 1872.

Normand Kittson

Maintenant faites la connaissance de Donald Alexander Smith, personnage assez particulier s'il
en fut un. Smith est écossais de naisssance et cousin de Stephen (quoique ce dernier ait toujours eu beaucoup de misère à blairer Smith). Lors de son arrivée au Canada Smith trouve immédiatement du travail comme commis pour le compte de la compagnie de la Baie d'Hudson. Malheureusement il ne tombe pas dans les bonnes grâces de George Simpson le grand patron de la compagnie et celui-ci envoie Smith à Tadoussac en 1841. En 1847 Smith a des problèmes de vision et revient à Montréal (sans la permission de Simpson) afin de faire examiner ses yeux. Le médecin de Simpson conclut qu'il n'y a aucun problème et Simpson décide alors d'expédier Smith ipso-facto à... Esquimaux Baie. 

Donald Alexander Smith

Autant l'envoyer en Sibérie! Mais ne vous en faites pas, non seulement le personnage s'y rend mais parvient à devenir Directeur du District du Labrador en 1862 puis Commissaire de la région de Montréal en 1868. Durant l'hiver de 1870 Smith se rend à Fort Gary pour le compte de la HBC et durant une tempête tombe face à face avec... James Jerome Hill avec lequel il se noue d'amitié. Smith est aussi élu dans le nouveau comté de Selkirk en 1871 et, comme on l'a vu précédemment, responsable en 1873 de la chute du gouvernement Macdonald. Smith est aussi un actionnaire important de la Banque de Montréal.

Il y a aussi Richard Bladworth Angus, un autre écossais d'apparence très soignée et qui devient
en 1869 directeur de la Banque de Montréal, un poste qu'il conserve jusqu'en 1879, année où il déménage à St-Paul au Minnesota afin de représenter les intérêts des Associés ci-haut mentionnés.

Richard Bladworth Angus

Nous sommes donc le 9 juillet 1880 à Ottawa. John A. Macdonald est assis à son bureau, une bouteille de brandy pas trop loin (on assume), et ouvre une enveloppe sur laquelle est inscrit "Privé et confidentiel". Il ouvre l'enveloppe et en sort une lettre. Il sait très bien de qui elle vient; George Stephen. Macdonald et lui se connaissent assez bien d'ailleurs. Cette lettre est tout à fait caractéristique du caractère manipulateur de George Stephen; il énumère les défailances des autres groupes, souligne les qualités du sien et met Macdonald en garde si ce dernier faisait un mauvais choix (autrement dit s'il ne suivait pas le conseil de Stephen). Il faut mentionner ici que si Donald Smith fait partie des associés son nom n'apparaît pas et c'est là une omission tout à fait nécéssaire puisque Macdonald hait le personnage pour les raisons que l'on sait. 

Il serait faux de croire que les intentions de Stephen et de ses associés à ce sujet soient altruistes, que non, puisqu'ils voient tous là-dedans quelque chose qui pourrait énormément profiter au Manitoba Road comme en témoigne une lettre de Hill à Richard Angus le 19 octobre 1880. dans celle-ci, Hill dit très ouvertement que la seule raison pour laquelle les Associés (Stephen, Hill, Smith, Kittson et lui-même) s'intéressent au chemin de fer transcontinental est pour que celui-ci puisse profiter au Manitoba Road (Hill ajoute que le tracé du chemin de fer prévu l'inquiète beaucoup et que la ligne intercontinental pourrait alors potentiellement devenir un ennemi très sérieux).

A Ottawa il semble devenir de plus en plus évident que c'est Stephen et ses associés qui obtiendront le fameux contract du chemin de fer transcontinental mais les choses ne sont pas si simples. Après tout, on ne rédige pas un tel contrat comme ça du jour au lendemain. Et puis il y a les nombreux conflits d'intérêts auquels sont joyeusement mêlés Stephen et ses associés. Quant à Macdonald, il n'est pas con, il sait très bien que les associés préféreraient une ligne de chemin de fer qui ferait un plongeon aux États-Unis pour le sympatique bénéfice des associés.

Macdonald prend une bonne lampée de brandy. Il n'est aucunement question pour lui d'accorder
au groupe de Stephen ne serait-ce qu'un pouce de voie ferrée aux États-Unis alors il est prêt à faire une concession en échange: la clause dite du "contrôle exclusif". Cette clause accordait à la compagnie de chemin de fer que Stephen et ses associés allaient diriger un monopole tout à fait exclusif sur toutes les voies qui allaient être construites par celle-ci. Pour Stephen c'était très clair: si cette clause n'était pas incluse dans le contrat lui et ses associés n'embarqueraient tout simplement pas dans la patente.

Il est difficile ici de déterminer ce qui aurait effrayé davantage les membres du parlement; cette
clause de contrôle exclusif ou encore l'apparition au beau milieu de la Chambre des Communes, dans un nuage de souffre, de Satan lui-même.

Malgré tout le contrat est signé le 21 octobre 1880, liant de ce fait le gouvernement et les associés qui comprennent alors George Stephen, George S. Kennedy, James Jerome Hill et Richard B. Angus. Donald Smith fait aussi partie des associés mais son nom est volontairement omis parce que bon, depuis le petit épisode où Smith fut responsable de la chute des Conservateurs, que nous avons vu précédemment, ceux-ci n'aimeraient probablement rien de mieux que de passer Smith à la moulinette. Littéralement. D'ailleurs en 1879 Macdonald a voulu s'en prendre physiquement à Smith et Macdonald avait alors dit qu'il ne connaissait pas de plus grand menteur.  

Outre la clause d'exclusivité le gouvernement s'engage à cèder aux associés une subvention de
quelques $25 millions de dollars (un demi-milliard en dollars d'aujourd'hui) et 25 millions d'acres de terrains donnés au fur et à mesure que le travail progresse. Un chausson avec ça? Tout ça est bien beau mais quand vient le temps de ratifier tout ça en Chambre ça ne passe pas exactement comme du beurre dans la poêle, loin de là. Alexander Mackenzie n'est pas tout à fait au meilleur de sa forme et c'est Edward Blake, son remplaçant à la tête du parti Libéral qui
décide de passer les Conservateurs au batte (au sens figuré, rassurez-vous).

Blake est un bonhomme physiquement imposant et de forte stature qui demande à la Chambre, sur un ton sarcastique et résolument moqueur s'il n'y a pas personne de mieux au pays qu'un marchand de tissus (Stephen) et un trappeur de rats musqués (Smith) qui puisse construire ce foutu chemin de fer!! Ah oui, ce bon vieux Smith. Blake affirme en Chambre que même si le nom de Smith n'est pas sur le contrat il est tout à fait clair que le personnage fait partie de la bande de Stephen. Et voilà ti-pas que Macdonald se voit obligé de défendre un personnage qu'il déteste profondément.

Edward Blake

Mais Blake n'est pas seul à tirer à boulets rouges sur Macdonald tout au long des nombreuses sessions parlementaires qui n'en finissent plus. Pour un jeune député de 39 ans représentant Québec-Est c'est l'occasion rêvée de se faire remarquer pour la première fois en Chambre sur un sujet d'importance.

"Qu'est-ce qui a pris le gouvernement de ce pays pour qu'il se sente obligés d'accepter ce contrat avec le Syndicat (Stephen et ses associés)? Qui a forcé le gouvernement à négocier avec le Syndicat? Quelle calamité s'est abattue sur ce ce pays et son gouvernement pour qu'il se rendre inconditionnellement au Syndicat? Si ce contract doit être jugé à la lumière des idées et principes britanniques modernes il transporte avec lui son ordre d'exécution et le seul devoir qui reste à accomplir à cette Chambre est tout simplement de le rejeter dès la première occasion!"

Wilfrid Laurier

Ce jeune député n'est autre que Wilfrid Laurier. Le débat se poursuit et les tensions en Chambre vives. Pendant plus de trente sessions parlementaires John A. Macdonald, John Henry Pope et Charles Tupper voient à défaire pas moins de 23 amendements. Ces sessions se poursuivent très tard, souvent jusque dans la nuit. On parvient cepandant à tout finaliser mais Macdonald ne peut signer le projet de loi, puisqu'il est prit de violentes crampes absominales et confiné au lit. C'est le Gouverneur Général John Campbell qui le signe à sa place. Le Bill est finalement adopté le 15 février 1881 en troisième lecture. Quant à George Stephen il ne perd pas de temps et trois jours plus tard, soit le 18 février 1881, il incorpore la compagnie dont nous fêtons aujourd'hui le 130è anniversaire et dont il devient le premier président:


16 février 2011

Le mystère du 130è - Deuxième partie

Nous sommes le 2 avril 1873 et le gouvernement Conservateur de John A. Macdonald est dans le caca jusqu'au cou à cause du scandale du Pacifique. On peut remercier, comme on l'a vu dans l'article précédent, George McMullen qui a décidé d'aller voir les Libéraux et de tout étaler les vilaines manigances d'Allan et de Macdonald comme un fermier qui étend son fumier.

Bref, il n'y a rien dans tout celà qui sent très bon et pour tout dire ça n'augure pas bien pour le parti de Macdonald qui se saigne de ses membres. Ce jour-là à la Chambre des Communes le Libéral Lucius Seth Huntingdon tente d'introduire une motion afin de faire tomber le gouvernement. La motion ne passe pas mais au fil des mois qui suivent d'autres révélations viennent s'ajouter à la montagne fumante qui existe déjà. Macdonald a pu se maintenir au pouvoir malgré tout mais plus pour longtemps.

Lucius Seth Huntingdon

Le 4 novembre 1873 à une heure du matin il y a tout un brouhaha dans la Chambre des Communes. En effet, une nouvelle motion pour faire chuter les Conservateurs est mise en branle et cette fois-ci le vote est égal et on attend impatiemment que le député [conservateur] indépendant de Selkirk (Manitoba) prenne position. S'il vote avec les Libéraux les Conservateurs tombent, sinon, Macdonald et son gouvernement reste en poste.

Ce député est Donald Alexander Smith, officier de la compagnie de la Baie d'Hudson. Il y a un certain chahut qui règne jusqu'à ce que Smith se lève de sa chaise. Macdonald est écrasé dans sa chaise et ressemble à cadavre. Il s'attend au pire. Le silence tombe alors que tous les yeux sont rivés sur Smith, lequel ne précipite aucunement l'exécution. Et pourquoi le ferait-il? Ce n'est pas tous les jours qu'on tient le premier ministre du Canada par les parties tendres après tout. 

Donald Alexander Smith

Smith débute avec des commentaires gracieux sur Macdonald ainsi que son dévouement pour le pays et affirme ne pas croire que Macdonald ait pu accepter l'argent de Hugh Allan à des fins malhonnêtes. C'est tout ce qu'il faut à une bande de Conservateur, convaincus de leur victoire, pour qu'ils se lèvent de leurs sièges, fassent plein de grimaces aux Libéraux pour ensuite se rendre au restaurant du Parlement où on peut les entendre tonner "God Save the Queen". 

Mais Smith n'a pas fini. Oh que non!

Il dit à la Chambre qu'il était prêt à soutenir le gouvernement actuel (clameur du côté des Conservateurs) mais prononçe ces paroles qui sonnent comme une douce mélodie aux oreilles des Libéraux: "Pour l'honneur du pays, aucun gouvernement ne devrait exister s'il pèse sur lui ne serait-ce que l'ombre d'un soupçon, et voilà pourquoi je ne peux en toute conscience de cause lui offrir mon support".

Et pouf!

Le gouvernement de Macdonald n'a d'autre choix que de démissionner le 5 novembre. Le pays s'en va alors en élections et le 22 janvier 1874 les Canadiens élisent le gouvernement Libéral D'Alexander Mackenzie avec une très nette majorité. 

Toutefois, la traîtrise de Smith et la déroute de Macdonald ne pouvait survenir à un meilleur moment; le pays s'en allait vers une récession économique, le projet de chemin de fer transcontinental était en lambeaux et le pays contemplait la dette. Macdonald s'installa dans son fauteuil, prit certainement une bonne lampée de brandy et se dit qu'il valait mieux laisser Mackenzie se débrouiller avec toute cette merde et arriver comme des sauveurs lors de la prochaine élection.

Ho ho hi.

Et effectivement, le gouvernement de Mackenzie se retrouva dans un joyeux bourbier financier dont il n'était nullement responsable mais que tout le monde s'attendait à ce qu'il le corrige. Vous connaissez trente-six façons pour un gouvernement de faire face à un déficit sinon que de hausser les taxes? Vous avez déjà vu un gouvernement devenir très populaire en prenant cette décision?

Ben voilà.

Qui plus est, Macdonald avait rempli le fonctionariat du gouvernement d'amis, ce faisant, les gens sur qui Mackenzie comptait pour mener à bien ses politiques devaient leur emploi à Macdonald et leur allégeance était évidemment pour le parti Conservateur. Mackenzie détestait ce genre de pratique que Macdonald avait finement mis au point mais il n'avait d'autre choix. Quant au chemin de fer, les Libéraux de Mackenzie le supportaient mais de un ils n'étaient pas d'accord mais alors là pas du tout avec l'accord conclu avec la Colombie-Britannique (le délai de dix ans, vous vous souvenez?) mais encore souhaitaient-ils le construire par étapes selons les moyens du gouvernement.

Alexander Mackenzie

En 1874 ils tentèrent les investisseurs potentiels avec de généreuses subventions. Seulement, et comme je l'ai dit plus haut, il y avait une récession économique et on ne peut pas dire qu'on se pressait aux portes pour obtenir le contrat, surtout que les odeurs marécageuses du scandale du Pacifique étaient encore assez persistantes... A l'autre bout du Canada, la Colombie-Britannique tapait du pied alors qu'il ne restait que cinq ans pour parachever le chemin de fer sans lequel la province allait très certainement se joindre aux États-Unis.

Pendant son mandat, Mackenzie ne fait construire que 380 kilomètres de voies ferrées et il considére qu'il en vaut mieux ainsi; faire juste ce qu'il faut de travaux pour satisfaire la Colombie-Britannique tout en attendant que les conditions économiques s'améliorent. Et pourquoi pas espérer qu'un groupe quelquonque se montre intéressé par le projet et prenne alors la construction de la ligne intercontinentale en main. Malgré les progrès anémiques du gouvernement Mackenzie, on peut douter que quiquonque aurait pu faire mieux avec les conditions qui prévalaient à cette époque. Les électeurs ne l'ont pas vu de la même façon cepandant, comme quoi la mémoire courte chez ceux-ci ne date pas d'hier!

Le 17 septembre 1878, comme prévu, les Conservateurs de Macdonald reviennent au pouvoir et avec eux s'amène le "National Policy" qui se veut une série de mesures visant à protéger les industries canadiennes de celles américaines qui déversent au Canada leur surplus de production. L'arrivée des Conservateurs coïncide avec la fin de la récession (il n'y a pas de cause à effet, rassurez-vous). Entretemps, en avril 1879, John Henry Pope est bien décidé à nettoyer la crasse qu'a laissé le scandale du Pacifique en s'appropriant le Ministère des Travaux Publics ainsi que des Chemins de Fer et Canaux. Il annonce en grandes pompes la construction de quelques centaines de kilomètres de voies en Colombie-Britannique mais n'y donne pas suite. De toute façon aucune route n'a été encore choisie alors ce fut une annonce quelque peu inutile.

Bien que les conditions économiques s'améliorent de jour en jour la dernière chose que Macdonald désire c'est de se remettre les deux pieds dans le marécage du chemin de fer qui ne se construit toujours pas et il ne reste alors que trois ans. Idéalement ça prend quelqu'un d'autre, idéalement un Syndicat de financiers qui pourraient alors tout prendre entre leurs mains. Comme ça, si ça foire c'est eux qui en prennent plein la tronche.

Dans le prochain et dernier article de cette mini-série on verra comment un tel Syndicat de financiers en vint à obtenir le fameux contrat du chemin de fer intercontinental et qui donna ainsi naissance à la compagnie dont on fêtera les 130 ans vendredi.

14 février 2011

Le mystère du 130è - Première partie

Le 18 février prochain marquera un certain 130è anniversaire. De quoi? Ah, mais je vous réserve la surprise en vous racontant une histoire en trois partie avec la première aujourd'hui même. La réponse de l'énigme sera dévoilée à la fin de la dernière partie. 

Notre histoire commence avec un évènement qui eut lieu il y a de celà bien longtemps, en 1867, plus précisément, lorsque fut signée la Confédération Canadienne. 

Le Manitoba, quoique beaucoup plus petit que la province actuelle, se joint au Canada le 15 juin   
1870 et la Colombie-Britannique le 20 juillet 1871 mais cette dernière n'accepte que sous la condition qu'elle soit reliée au reste du pays par un chemin de fer que Macdonald leur promet en-dedans de dix ans. Durant cette période où le pays est naissant, la voie ferrée transcontinentale se veut plus qu'une simple paire de rails de métal mais bien un lien permettant d'unir les territoires du Canada et d'affermir les frontières surtout face aux visées expensionnistes des États-Unis.

Trois groupes se proposent pour construire ce chemin de fer. Le premier est mené par David L.
Macpherson, partenaire dans une compagnie construisant des chemins de fer (Macpherson, Gzowski and Co.). Macpherson est non seulement un bon ami de Macdonald mais aussi un important baîlleur de fond pour le parti Conservateur. Ho ho ha! Le deuxième groupe est celui de C.J. Brydges du Grand Trunk et le troisième (et non le moindre) est dirigé par Hugh Allan, armateur de Montréal qui gère la Montreal Ocean Steamship Company et certainement l'un des hommes les plus riches au pays.

Non visible sur la photo: le verre de brandy.

Assis à son bureau avec (fort probablement) un verre de brandy à portée de la main, Macdonald observe les dossiers des trois groupes candidats. Bien qu'ils soient tous capables d'entreprendre la construction de ce chemin de fer que Macdonald a promis à la Colombie-Britannique pour 1881, au plus tard (une promesse impossible selon plusieurs), chacun des trois groupe possède des faiblesses en autant que Macdonald est concerné. Il lui faudra pourtant faire un choix.

Gorgée de brandy.

Macdonald regarde le dossier de Macpherson mais décide de l'écarter tout simplement parce qu'il ne considère pas que son ami, aussi ami soit-il, ait ce qu'il faut pour mener à bien le projet.

Gorgée de brandy.

Que faire de la proposition du Grand Trunk? Ici, c'est facile. Le Grand Trunk, dont le siège
social est à Londres, n'est pas exactement la compagnie la plus populaire au Canada. Macdonald écarte donc le dossier du Grand Trunk.

Gorgée de brandy. Puis une autre.

Il reste alors le groupe de Hugh Allan. Ouais. Si celà en fait le choix le plus logique celà n'en fait pas pour autant le meilleur. Si, Allen est un homme puissant qui jouit d'une très bonne réputation, surtout en Angleterre et sa magnifique demeure montréalaise, le Ravenscrag situé, sur le flanc du Mont-Royal est certainement témoin de sa réussite financière. Le problème avec Allan est la présence dans son groupe du financier américain Jay Cooke. Cooke est un homme relativement riche et l'un des propriétaires du Northern Pacific.

C'est que Cooke a malheureusement fait part publiquement de ses intentions de faire profiter à
sa compagnie le chemin de fer transcontinental canadien, surtout en raison de ses terres à
l'ouest réputées pour être très fertiles.

Mais pas si vite.

Macdonald veut bien que ce foutu chemin de fer soit réalisé mais il n'est certainement pas désespéré au point d'en laisser la construction, l'entretien et les opérations à des américains. Que non! Aucune décision n'est prise et les trois groupe sont plus ou moins laissés dans la brume. Peut-être, se dit Macdonald, qu'un autre groupe se présentera...

Il n'était pas surnommé monsieur Sourire.

Mais Hugh Allan ne lâche pas le morceau et pas pantoute à part ça! En fait, le corpulent personnage, dont la patience n'est pas une de ses plus grandes qualités, décide tout bonnement en 1872 d'acheter ses adversaires parce que bon, il commence à être pas mal tanné de Macdonald qui tergiverse sans jamais ne prendre aucune décision, pour les raisons que l'on sait. Il a beau offrir des actions gratuites (on parle ici de montants assez substantiels) mais son plan ne marche tout simplement pas. Allan se retrousse les manches et s'attaque à ce qu'il considère le coeur du problème: les politiciens et là, rien n'est épargné; du chantage et des pots-de-vin en voulez-vous en v'là, comme on dit. Allan va même jusqu'à impliquer George-Étienne cartier et les 45 membres du caucus québécois dans ses plans. Même les prêtres des villes et villages ainsi sont mis à "contribution" afin de faire tourner l'opinion en sa faveur. Qui plus est, il avertit formellement Cartier que si le contrat du chemin de fer ne lui était pas attribué il pouvait oublier l'idée de se représenter aux élections. De tels coups de pied dans les parties sont un exemple assez représentatif de ce qu'était la fricassée politique du temps. Et crac!

Nous sommes toujours en septembre 1872 et voilà qu'arrivent les élections fédérales. Oh, les Conservateurs se font bel et bien reporter au pouvoir quelques jours plus tard mais ils forment alors un gouvernement minoritaire. Avec cette réélection Allan est alors persuadé d'obtenir le contrat du chemin de fer transcontinental. Il glousse tellement qu'il décide de larguer cavalièrement ses amis américains dont il considère ne plus avoir besoin. Ceux-ci n'en font pas tellement de cas et retournent vaguer à leurs occupations américaines et toute l'affaire aurait pu se terminer là. C'était sans compter un de ces américains, un certain George McMulen qui n'est rien de moins que cent pour cent furax face à la trahison d'Allen et rien ne lui ferait plus plaisir que de saisir Allen par le cou et de le secouer jusqu'à ce que les dents lui claquent dans la bouche.

C'est un McMullen vindicatif qui retontit chez les Libéraux avec toute la documentation mettant à jour tous les cent tours de Centour d'Allen et de Macdonald. On apprend ainsi que Allan allait obtenir le fameux contrat du chemin de fer en retour de donations politiques d'environ $360,000. La cerise sur le sundae étant bien entendu ce fameux télégramme condidentiel dérobé dans le coffre-fort d'Allen où Macdonald, quelques jours avant les élections, demande à Allen une somme supplémentaire de $10,000. Sur ce télégramme relativement court on peut y lire: "Je dois avoir un autre $10,000. C'est mon dernier appel. Ne me laissez pas tomber. Répondez aujourd'hui.". Pas besoin de dire que les caricaturistes de l'époque se délectèrent de cette histoire!

Dans la paume gauche de Macdonald on voit le fameux message du télégramme demandant $10,000 à Allan, dans la main droite la prorogation et la suppression de l'investigation. La bouteille d'alcool n'est pas là par hasard.

Le personnage à gauche est Alexander Mackenzie du parti Libéral et adversaire politique de Macdonald.

Dans le prochain et deuxième article de cette série de trois qui sera publié mercredi le 16, je vous raconterai comment un officier de la compagnie de la Baie d'Hudson vint faire dérailler les Conservateurs de Macdonald.

13 février 2011

Nescafé en 1953


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Soyons francs, combien d'entre nous pourrions commencer notre journée sans prendre un bon café? Et ce qui est vrai pour nous aujourd'hui l'était tout autant au moment où cette publicité parut en 1953.

Le café instantané tel qu'on le retrouve en pot ne date pas d'hier. Afin de répondre à une demande de l'Office brésilien du café, deux employés de Nestlé ont tenté dans les années 30 de concevoir des cubes de café qui se dissoudraient dans l'eau chaude. Mais ça n'a tout simplement pas marché et Nestlé décida alors de faire cesser la recherche. Toutefois, l'un des deux employés, un certain Max Morgenthaler continua d'expérimenter chez lui et après plusieurs années parvint à trouver un processus. C'est ainsi qu'en 1938 naquit le Nescafé, amalgame tout simple de Nestlé et Café (où l'accent aigu est conservé même en anglais).

Donc au moment de faire paraître cette annonce en 1953, Nescafé existait alors depuis 15 ans alors que pouvait-il bien avoir de nouveau? Quoique la publicité nous vante ici les bienfaits d'un extraordinaire procédé de pulvérisation, le nouveau Nescafé était fort probablement le même bon vieux Nescafé mais auquel on avait décidé de ne plus ajouter d'hydrates de carbone, élément qui faisait partie du processus de fabrication depuis 1938 et qui servait essentiellement à faciliter le sèchage.

Pour tout dire j'adore cette annonce pour plusieurs raisons mais surtout pour l'illustration des deux tourtereaux qui savourent leur café en tête-à-tête. C'est une représentation exagérée, bien entendue et si je voyais des gens afficher cette humeur en buvant du café je les soupçonnerais d'en être à leur dixième tasse mais bon, je trouve ces deux petits personnages tout à fait sympatiques.

Évidemment le graphiste à fait un travail du tonnerre en représentant de façon si réelle le pot de café. Il donne presque l'impression que l'on aurait qu'a tendre la main pour le prendre. Les deux illustrations se joignent en diagonale, tout comme le texte et balancent le bas de l'annonce dont le dessus est chapeauté par le texte, dont celui en rouge, bien centré. Dans l'ensemble, une très bonne publicité, bien exécuté et qui donne justement l'envie d'aller se chercher un pot de Nescafé, lequel est encore vendu aujourd'hui.

8 février 2011

Eveready en 1953


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Bien qu'aujourd'hui l'on fasse généralement usage de piles alcalines ou encore rechargeables, il fut un temps où l'on ne pouvait compter que sur les piles au carbone pour alimenter les appareils portatifs.

Bien que la pile sèche ait ses origines en 1888 lorsque le scientifique Allemand Carl Gassner en développa le concept carbone-zinc, il faut remonter, aussi incroyable que celà puisse paraître, à près de 2000 en arrière pour en voir l'origine. C'est en 1938 que Wilhelm Konig découvrit en Iraq une jarre en terre-cuite dans laquelle se trouvait un cylindre de cuivre lequel enchassait une tige en métal. Il s'agissait bel et bien là de l'ancêtre de la pile, laquelle ne referait son apparition qu'avec les travaux d'Alessandro Volta, en 1788!

Dans la publicité d'aujourd'hui, qui date de 1953, on semble promettre et garantir une pile au carbone ne coulant pas, étant soi-disant fabriquée selon un procédé thermoplastique. Est-ce que cette publicité disait vrai?

Certains se souviendront certainement de ce spectacle familier; on avait besoin d'une lampe de poche et en appuyant sur le bouton on se rendait compte que les piles étaient mortes. On dévissait alors l'embout afin de les remplacer pour se rendre compte que les piles avaient coulé, ce qui était très visible à cause de cette pâte blanchâtre qui était accompagnée d'une forte odeur. Combien d'enfants ont également vu leurs jouets à piles subir le même sort...

Ceci était principalement dû au fait que la pile était recouverte d'un contenant fabriqué en zinc, lequel s'aminçissait au fur et à mesure que la pile était utilisée. Et quand la paroi de zinc était devenue trop mince alors le chlorure de zinc s'échappait. 

Ce qui était fâchant dans tout ça c'est que même lorsque les piles n'étaient pas utilisées elles en venaient à couler quand même, parce que le contenant de zinc continuait de s'amincir, le chlorure d'aluminium (vous notez tout celà, hein?) étant acide, entrait en réaction chimique avec le zinc.

Alors voilà, bien que le procédé annonçé ici pouvait aider à réduire les fuites, il ne pouvait certainement pas les empêcher comme ont pu le constater nombre de gens dans les années 50, 60 et 70. Quant à la plus longue durée que l'on énonce ici il faut considérer que celà est très relatif puisque ce genre de pile a une durée de vie d'environ un an et demi, tout au plus.

Il est également intéressant de noter la garantie où l'on mentionne que si notre projecteur (nom utilisé à l'époque pour désigner une lampe de poche) était endommagé par des piles ayant fuit National Carbon (le fabriquant) il ne suffisait que d'envoyer le tout aux bureaux de Toronto (en dépit du fait que la compagnie avait une présence à Montréal au 637 St-Antoine, dont le bâtiment n'existe plus) pour que l'on nous en retourne un neuf et ce, tout à fait gratuitement. Toutefois, je serais bien curieux de savoir combien de personnes se sont effectivement prévalu de cette offre.

Quand à la présentation graphique de cette publicité de 1953 j'avoue très sincèrement qu'elle m'enchante. Tout d'abord par sa disposition verticale laquelle brise l'étalement horizontal qui était très caractéristique à l'époque. Puis, il y a ce bleu très caractéristique qui me plaît beaucoup car bien qu'il soit le bleu officiel de la marque Eveready, il se démarque merveilleusement bien des autres tons de bleus que l'on avait l'habitude de voir à l'époque.

Eveready est une compagnie qui fut fondée en 1899 sous le nom de Marican Electrical Novelty and Manufacturing Company et vendait alors une lampe de poche équipée par des piles carbone-zinc. Vers 1905 la compagnie changea de nom pour American Ever Ready Company et vendit ses fameuses lampes de poche sous le nom commercial Ever Ready (toujours prêtes). Ce n'est qu'en 1914 que l'on décida d'unir les mots Ever et Ready ensembles. Aujourd'hui la pile carbone-zinc, bien qu'encore fabriquée, est beaucoup moins utilisée que la pile alcaline ou encore la pile rechargeable mais savez-vous en quelle année Eveready mit sur le marché les premières piles rechargeables nickel-cadmium?

Réponse: 1958