25 avril 2011

Des outils à profusion pour 1953


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Quel homme n'aime pas pas bricoler toutes sortes de choses avec ses mains? Et pour ceux qui affectionnent particulièrement travailler le bois voilà que la compagnie américaine Cummins leur offre en 1953 cet atelier d'ébéniste d'une longueur de 3 ½ pieds qui contientsept outils en un. Évidemment à presque cent dollars ce n'était pas exactement donné mais les outils de ce genre avaient à l'époque une qualité indéniable qui valait certainement l'investissement: la durabilité.

Cummins-Chicago Corp, le fabricant de cet outil, n'avait pas d'usine à Montréal ni même de bureau. Cette compagnie, fondée en 1887, existe toujours et possède aujourd'hui des bureaux et usines au Canada, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

La publicité d'aujourd'hui est relativement complexe et représente dans sa conception tout un tour de force si l'on prend en considération tous les éléments devant s'y retrouver; du logo de la compagnie, à la description de l'outil, enfin bref. On y a utilisé la photo pour le produit que l'on a subtilement retouché, le reste étant des illustration à la plume au demeurant très bien exécutées. Tous les éléments de cette publicité ont été habilement agençés sans alourdir inutilement et ma foi, ça donne presque l'envie de se procurer cet outil qui semble très pratique.

Site web: www.cumminsallison.com

Le 25 avril en 1953 tombe un samedi et quelle est la nouvelle qui fait jaser? Probablement l'accident qui a coûté la vie à Henri-Paul Mitchell, un entrepreneur de construction de Pointe-Claire qui roulait dans le secteur de Dorval et qui a malheureusement traversé une voie ferrée au mauvais moment. Son véhicule a été frappé de plein fouet par un convoi ferroviaire. Le choc a été épouvantable et le train a mis plusieurs milliers de pieds avant de pouvoir s'arrêter complètement.

21 avril 2011


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Si aujourd'hui on peut aisément se procurer de l'alcool dans les dépanneurs, épiceries et supermarchés ce n'était pas le cas à l'époque. Il faut dire qu'au Québec le commerce de l'alcool est contrôlé depuis 1921 par la Commission des liqueurs, créé par le premierministre Taschereau. Il fallait se rendre dans une Commission des liqueurs et choisir leproduit que l'on voulait selon une liste car on ne voyait pas les bouteilles. On achetait ainsi le produit de son choix, limité à une seule bouteille par achat jusqu'en 1941, lequel était alors emballé dans un papier opaque.

Durant cette période d'après-guerre cette industrie tentait de se rétablir comme produit de consommation légitime. Certains critiquèrent ces campagnes de marketing comme étant des
facteurs ne faisant que contribuer à l'érosion des valeurs et à la désintégration de l'ordre social. Chose certaine, ici au Québec les différents alcools ont eu droit à plein de pages de publicité dans les revues et journeaux, comme c'est le cas ici avec le gin Burnett's en 1953. Ce gin était distillé par Seagram's en Ontario mais dont le siège social de la compagnie se trouvait sur la rue Peel à Montréal. La compagnie en tant que tel n'existe plus aujourd'hui, ses actifs ayant été acquis par différentes compagnies dont PepsiCo, Diageo et Pernod Ricard.

Quant à la publicité d'aujourd'hui, sûrement que faire passer le message sur un carton de style réservation n'est pas exactement mauvais comme concept sauf que l'exécution est à mon sens assez paresseuse et n'a certainement pas exigé des heures à réaliser. Préférablement, on aurait dû imprimer le message sur un véritable carton et le photographier sur une table de restaurant.

17 avril 2011

Imperial Savoy


Le nom pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une caméra « made in France », mais ce n’est pas le cas. L’Imperial était la marque principale commercialisée par la compagnie Herbert George Co. (Chicago), une compagnie fondée en 1945 par Herbert Weil et George Israel. En 1961 la compagnie changea de nom pour Imperial Camera Corp. Elle fabriquait des caméras en bakelite et en plastique – certainement parmi les premières à être aussi colorées. On y retrouvait des modèles rouges, bleus, noirs, beiges et verts (la variante la plus populaire).



L’Imperial Savoy, manufacturé alors que la course spatiale commençait, arborait un look décidément futuriste (pour l’époque) et était flanquée à l’avant d’une plaque d’aluminum arborant un logo spatial. Cette caméra-ci utilisait du film de type 620 (discontinué) et la qualité des photos était… bon, passons. Tout dans ce boîtier respire le « cheap » et la seule pièce de métal est la clip que l’on apperçoit en-dessous. N’en demeure pas moins que ce modèle fut relativement populaire à l’époque. J'ai ramassé celui-ci dans une vente de garage pour deux fois rien. En bricolant du film 120 il me serait probablement possible d'utiliser cette caméra.

10 avril 2011

En attendant le signal



Me voici au Musée Ferroviaire Canadien à l’intérieur d'une de mes locomotives préférées; une Mogul 2-6-0 du Grand Trunk portant le numéro 713 et qui fut construite aux ateliers du GTR de Pointe St-Charles en 1900. C'est là, assis de cette façon, que j’ai reçu à maintes reprises bon nombre de visiteurs curieux d’en savoir davantage sur ces bêtes d’acier. 

Cette photo pourrait fort bien être d’époque; un mécanicien de locomotive consulte son itinéraire avant de partir de la gare, peut-être celle Bonaventure à Montréal. Le chauffeur (en anglais "fireman"), alimente la chaudière en charbon et s’assure de la bonne et pleine pression de la bouilloire. Mes vérifications ont été faites. J'ai bien huilé les nombreuses pièces mobiles de la locomotive et j'ai conféré avec le chef de train afin que nos montres soient bien synchronisées.

D’un instant à l’autre, le signal sera donné et le train partira pour une destination quelquonque avec de la marchandise, des passagers et fort probablement du courrier aussi. Le long du trajet des enfants s’arrêteront pour envoyer la main à l’équipage, des femmes qui entendent le train et qui habitent près de la voie sortiront pour rentrer le blanc étendu sur la corde. A la prochaine gare, des gens attendent ce train qui les mènera ailleurs, peut-être vers une nouvelle vie. D’autres recevront enfin des nouvelles de la parenté, établie dans la grande ville. C’était une autre époque, c’était une autre vie.

3 avril 2011

Le grand incendie de 1852

Montréal a certainement connu son lot d'incendies tout au long de son histoire. Dès les débuts de la colonie on redoutait l'élément destructeur, surtout durant les longs mois d'hiver alors que tous les bâtiments étaient construits en bois. Après l'incendie de 1721 on interdit toute construction de bois dans la ville mais pas dans les faubourgs et les villages où il était encore largement utilisé.

Avant d'aller plus loin il est essentiel de se placer dans le contexte de l'époque. Le coeur de la ville était ce que nous appelons aujourd'hui le Vieux-Montréal. C'est là que se déroule le gros de l'activité économique et commerciale et la grande majorité des immeubles sont en pierre de taille. Les faubourgs étaient des agglomérations qui se situaient principalement en périphérie de la ville et nous utilisons encore aujourd'hui ce terme pour définir certains secteurs, comme le fameux faubourg à M'lasse par exemple. Les faubourgs sont essentiellement des secteurs ouvriers et les gens n'ont certainement pas les moyens de se faire construire ou d'habiter des maisons en pierre mais on commence toutefois à voir apparaître ici et là un matériau économique et durable: la brique. Son usage n'est cepandant pas encore très répandu et le bois est alors majoritairement employé.

Pour avoir une idée de la distance à laquelle les faubourgs se trouvaient, imaginez être sur le coin de l'intersection Ste-Catherine et Ste-Élizabeth. A cet endroit, en 1852, vous auriez été pif-poil dans le Faubourg Saint-Laurent un peu plus à l'est se trouve le Faubourg Québec. Si vous alliez plus loin encore vous auriez rencontré des petits villages ici et là en croisant sans aucun doute des charretiers transportant du foin. Mais revenons à nos faubourgs. Ceux-ci sont habités par les nombreuses familles  qui constituent la main d'oeuvre ouvrière des usines qui commencent à s'établir un peu partout dans le secteur.

Nous sommes le 7 juillet 1852. C'est une chaude journée d'été quand éclate un incendie dans une maison de la rue St-Laurent. Tout étant majoritairement construit de bois il n'en faut pas long pour les flammes, nourries par de bons vents, se propagent rapidement. Au milieu du Carré St-Louis, en haut de la Côte-à-Baron, se trouvait le réservoir au Carré St-Louis, inauguré en 1849 et d'une capacité de trois millions de gallons d'eau Mais au moment où l'incendie en bas de la côte prend de plus en plus d'ampleur il est d'une inefficacité totale puisqu'il a été complètement vidé afin d'être nettoyé.


On peut voir sur la carte (cliquer pour agrandir) l'étendue de l'incendie. A l'ouest par la rue Saint-Laurent, à l'est par la rue Saint-Hubert, au sud par l'actuelle rue Viger et au nord par l'espace situé entre Mignonne (aujourd'hui Maisonneuve) et Sherbrooke. (Crédit photo: Archives de la Ville de Montréal)

Les pompiers voudraient bien faire quelque chose mais sont relativement impuissants face à ce feu qui embrase maison par-dessus maison. L'eau leur manque et la chaleur intense du brasier empêche toute intervention de leur part. Les gens qui fuient leurs résidences sont dirigés vers le Champ-de-Mars où s'érige un camp temporaire pour les sinistrés. Ceux-ci totaliseront entre 9000 et 10000 personnes et plusieurs seront relogés temporairement au monastère du Bon-Pasteur sur la rue Sherbrooke.

 L'image du haut nous montre les gens rassemblés au Champ-de-Mars. Celle du milieu fait état des dommages alors que sur celle du bas on peut voir les camps de fortune installés pour loger temporairement les sinistrés. (Crédit: Archives de la Ville de Montréal).

Le feu continue de tout ravager et ce, pendant deux jours, puis, s'éteint de lui même, n'ayant plus rien à consummer. Alors que la fumée se dissipe commence à apparaître un paysage désolant, quasi-apocalyptique où se dressent au milieu des ruines des morceaux de bâtiments encore debout. Près du quart de la ville est en cendres.  

 Une peinture représentant l'incendie (Crédit: Musée McCord).

Au conseil de ville on étudie la catastrophe et il devient rapidement évident que de nouveaux règlements concernant les méthodes de constructions sont requises. On légifère donc en ce sens et l'interdiction de construire en bois est étendue aux faubourgs mais n'affecte pas les villages situés plus loin, ils seront cepandant assujetis à cette règlementation lors de leurs annexions respectives au début du vingtième siècle.

On constate aussi que le réservoir du Carré St-Louis, même s'il aurait été rempli et utilisé durant l'incendie aurait été insuffisant et on convient d'en construire un plus gros. On en confie la construction à Thomas C. Keefer, ingénieur et le nouveau réservoir, nommé McTavish, est construit en 1856 sur l'avenue Des Pins à l'angle de McTavish. De puissante pompes hydrauliques puisent alors l'eau dans le fleuve et acheminent celle-ci au réservoir, lequel peut alors contenir quelques 13 millions de gallons d'eau.

Aujourd'hui il n'y a évidemment plus aucun signe de l'incendie de 1852 puisque tout fut reconstruit. Le réservoir du Carré St-Louis cessa d'être utilisé comme réservoir en 1879 et c'est en 1894 que l'on entreprit de construire le bassin que l'on peut admirer aujourd'hui. quant au réservoir McTavish il existe toujours mais n'est plus à ciel ouvert et c'est par-dessus que l'on a aménagé le parc Rutherford.