30 mai 2011

Westinghouse en 1953


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Bien avant les laveuses à linge il fallait laver son linge à la main. On prenait une cuve en fer blanc que l'on remplissait d'eau et on y plongeait la fameuse planche sur laquelle on frottait le linge avec du savon. Morceau par morceau. Si la famille était nombreuse, et c'était souvent le cas à l'époque, le travail n'était pas de tout repos. L'arrivée des machines à laver [électriques] abordables a donc été quelque chose de très apprécié.

Westinghouse Electric est une compagnie qui fut fondée en 1886 par George Westinghouse, à qui le monde ferroviaire était très reconnaissant depuis 1869, année durant laquelle il avait
élaboré les freins à air pour les trains. Westinghouse Electric, comme le nom l'indique, faisait dans l'électricité, surtout dans le mode AC et en 1891 construisit le premier système commercial au monde utilisant le courant alternatif (la distribution électrique de l'époque était essentiellement DC). En 1914 Westinghouse Electric fit l'acquisition de la Copeman Electric Stove Company ce qui permit à Westinghouse de faire son entrée dans le monde des appareils ménagers.

Vers 1928 l'industrie des  appareils ménagers avait vendu plus de 900,000 unités aux États-Unis mais les ventes ralentirent peu de temps après en raison de la crise économique. Durant cette époque Westinghouse fabriquait déjà une gamme d'électroménagers qui comprenait entre autres des poêles électriques et aussi d'autres appareils plus petits. En 1930 la compagnie ajouta un réfrigérateur à son catalogue et la laveuse à linge s'ajouta peu de temps après. La sècheuse à linge Westinghouse quant à elle fera son apparition en 1946.

La division des électro-ménagers Westinghouse fut achetée en 1974 par White Consolidated
Industries et les appareils devinrent alors identifiés "White-Westinghouse". La compagnie existe encore aujourd'hui.
 
http://www.whitewestinghouse.com/

24 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: le Lac des Cygnes


Le lac des Cygnes était un lac aménagé à l'ouest de l'île Ste-Hélène. Il était bordé à l'ouest par le pont de la Concorde et à l'est par plusieurs pavillons dont les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique et l’Autriche. Lors des réaménagements de l'île on a donné au bassin l'apparence d'un plan d'eau naturel.

20 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: le pavillon de la Jamaïque


Le thème du pavillon jamaïcain était "La tradition inspire demain». Situé sur l'Ile Notre-Dame à un jet de pierre de la Plaza des ingénieurs et du Pavillon des Nations Unies, la structure était divisée en trois grandes sections, une aire d'exposition, une terrasse extérieure et une buvette. Bordé par un canal pars deux côtés, l'aménagement paysager comprenait plus de 200 pieds carrés d'arbustes et de fleurs. 

La pavillon de la Jamaïque a apporté à Expo 67 un bâtiment classique de type "Inn jamaïcain", une reproduction de l'une des nombreuses auberges qui a servi les visiteurs de la Jamaïque vers la fin du 18e et début du 19e siècle. Comme aucun plan d'architecture de ce type de maison n'était disponible il a fallu de nombreux mois de recherche dans les bibliothèques et les archives afin de pouvoir compléter les plans pour la construction du pavillon.  
Celui-ci disposait d'un toit de bardeaux de cèdre, de volets fenêtres à l'étage, un haut plafond voûté et des murs de plâtre relativement épais. Une petite mais élégante cour  jouxtait l'édifice. Construit sur le périmètre de la cour se trouvaient de plus petits bâtiments avec toits de chaume qui rappellaient ceux qu'il y avait sur les plantations à sucre de l'époque. Ces huttes mettaient en vedette certains des produits pour lesquels la Jamaïque est célèbre: cigares, le café Blue Mountain, rhums et une variété de produits provenant de l'île. 
 
Les visiteurs pouvaient aussi admirer l'expertise d'un travailleur jamaïcain transformer une feuille de tabac en fin cigare. Au niveau inférieur de l'auberge il y avait un grand bar en bois qui servait de rhum, du café et autres boissons jamaïcaines. Du plafond pendaient de grands pièges à poissons en osier stylisés, les tiges de bananes ainsi que des paniers de fruits tropicaux. Le long des murs se trouvaient de gros barils d'épices aromatiques comme la cannelle, le gingembre, la muscade, le piment et le poivre. Egalement sur le niveau inférieur une collection d'objets illustrant l'île et son histoire, de l'époque du capitaine Henry Morgan à Port-Royal à l'époque où Lord Nelson commandait le port. Etaient exposées aussi des oeuvres de peintres et sculpteurs jamaïcains. On pouvaient aussi en apprendre sur le progrès social et économique ainsi que sur les liens historiques et commerciaux entre la Jamaïque et le Canada.  
Plusieurs artistes jamaïcains étaient sur place avec des chansons folk et modernes de aux  rythmes entraînants. Sur la mezzanine au-dessus du salon il y avait une petite salle de conférence ainsi qu'un salon pouvant accueillir de huit à dix personnes. La journée nationale de la Jamaïque fut célébrée le jeudi 3 août et corresponda avec les célébrations de l'indépendance annuelle. L'année 1967 marqua le cinquième anniversaire de l'île tant que nation indépendante au sein du Commonwealth.

La pavillon de la Jamaïque fut l'un de ceux préservés de la démolition. au fil des ans il devint un restaurant puis un plateau de tournage pour émissions de télévision. Puis, il ne sembla plus servir à grand chose. En  2008 un programme de restauration fut mit en place et des travaux de rénovation furent entrepris. L'aménagement extérieur a aussi été refait.

16 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: le pavillon de la Tunisie


Situé à courte distance de la Passerelle du Cosmos, sur l’île Notre-Dame, le pavillon de la Tunisie avait de quoi émerveiller les visiteurs. Les murs du bâtiment étaient blancs avec une base de carreaux bleus tunisiens. Le pourtour du pavillon reposait dans une piscine illuminée de jour comme de nuit.

Les différentes sections de l'intérieur du pavillon étaient organisées autour d'un patio central avec colonnades réalisées en Tunisie. C'était destiné à rappeler d'anciens palais arabes. Au centre du patio il y avait un plancher de mosaïque romaine authentique du célèbre Musée Bardo. Cette mosaïque, appelée «Orphée», était à l'étage d'une maison romaine découverte à Chebba en Tunisie. Elle mesurait 12 pieds (4 mètres) sur 9 pieds (3 mètres). Le dessin était constitué d'ovales, de cercles et d'étoiles cadrage représentant des scènes mythologiques. Une partie de la mosaïque date du IIe siècle, une deuxième section a été ajoutée au troisième siècle. Les murs à l'intérieur étaient blancs et les planchers, à l'exception de la mosaïque, étaient de marbre aux couleurs chaudes.

Dans le pavillon, le visiteur pouvait découvrir, outre les nombreux visages de la Tunisie moderne, l'atmosphère des souks que l'on trouvait dans la Médina de Tunis. Dans une autre section on pouvait aussi admirer des artisans tunisiens fabriquer des tapis. Pour les gourmets un restaurant pouvait accueillir 100 personnes où l'on pouvait déguster du café maure servi dans un authentique atmosphère tunisienne parfumée au jasmin tout en écoutant les rythmes enchanteurs du «Malouf». Un des murs du restaurant était décoré d'une grande fresque réalisée par un artiste tunisien, Turki Zoubeir. Cette fresque illustrait le thème de l'Expo 67, «L'homme et son monde».

Aujourd'hui le pavillon est toujours là avec une architecture passablement modifiée. La piscine qui faisait le tour du bâtiment est disparue depuis bien longtemps et un visiteur d'Expo 67 qui entrerait dans le pavillon aujourd'hui ne s'y reconnaîtrait sûrement pas tellement l'intérieur a été modifié. Un des seuls éléments originaux ayant été conservé est la mosaïque de Zoubeir, laquelle se trouve à l'entrée sud, enchassée dans un mur trop petit. Aux côtés des toilettes. Je l'ai prise en photo en 2007 sous des conditions d'éclairage absolument atroces. J'ai utilisé tous les trucs que je connaissais pour bien la faire ressortir mais le résultat est évidemment loin de me plaire. Vous pouvez la voir sur mon blogue photo en cliquant ici.

13 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: le quai de l'aéroglisseur


Parmis les différents moyens de transport mis à la disposition des visiteurs durant Expo 67, l'aéroglisseur fut certainement le plus original et le plus... inusité. Son passage ne manquait pas d'attirer les regards des gens lorsqu'il passait comme ça sur le St-Laurent. L'aéroglisseur était bien merveilleux mais il avait un vilain défaut: il était sâprement bruyant! Au grand dam du commissaire général Pierre Dupuy, surtout lorsque l'étrange véhicule longeait la Place des Nations durant un discours important. 

Le quai d'embarquement se trouvait à la Cité du Havre. Une fois les passagers à bord l'aéroglisseur s'en allait vers l'est sur le St-Laurent au sud de l'île Ste-Hélène pour faire un arrêt à un autre quai situé celui-là près de la Ronde. Il repartait ensuite en empruntant cette fois le chenal Lemoyne pour revenir à son point de départ. Le quai situé à la Cité du Havre est encore là quoiqu'il ne serve plus à rien depuis bien longtemps. La végétation a poussé tout autour et il devient très difficile de le trouver durant l'été. C'est plus facile à l'automne ou au printemps lorsqu'il n'y a pas de feuilles dans les arbres.

8 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: le pavillon de la Corée


Sur l'île Sainte-Hélène on ne compte plus que quelques vestiges d'Expo 67. La biosphère qui fut le pavillon américain est bien connue, le stabile de Calder aussi et la Place des Nations également, au bout de l'île complètement. Il existe un autre vestige toutefois, situé à un jet de pierre de la station de métro Jean-Drapeau.

En regardant cet étrange bâtiment avec sa toîture en rondins supportée par des piliers de béton et agrémenté d'une tour en bois de 40 pieds, les générations d'aujourd'hui qui n'ont pas connu Expo 67 auraient bien du mal à deviner que ce fut là le pavillon de la Corée.

La Corée (du sud, évidemment) devint un participant officiel à l'Expo le 27 avril 1965 et les plans du pavillon, estimé à environ $500,000, furent préparés par Kim Swoo Geun à son bureau de Séoul. Il fut assisté par la firme d'architecte montréalaise Blais & Bélanger de la rue St-Denis et le chargé de projet fut M.B. Cline du service d'architecture. La construction par la firme T.G.A Construction débuta en juin 1966 sur le lot portant le numéro 3220 dont la superficie était d'environ 13,500 pieds carrés.

En 1967 une visite du pavillon aurait débuté là où se trouve la tour, tout juste à l'entrée. Cette tour de rondins symbolisait les aspirations éternelles de la Corée. Après avoir franchi le seuil nous sommes accueilli par une charmante hôtesse. Un peu plus loin se trouvent divers aspects de la Corée d'hier et aujourd'hui, sa population et sa mise en valeur. Au centre du pavillon une salle d'exposition est destinée à mettre en valeur de magnifiques pièces d'art ancien et moderne ainsi qu'une réplique de la statue de Bouddha Maitreya du 5è siècle dont l'original est conservé au Musée de Séoul.

Sur les murs on peut admirer des oeuvres de toutes sortes; art contemporain, peintures orientales, calligraphies et lithographies. Dans le hall, à l'extérieur de la salle, sont exposées plus de 40 oeuvres séculaires; poteries de la dynastie de Silla, céladons de la dynastie de Korio ainsi que porcelaines et meubles en bois de la dynastie des Li.On ne peut manquer une superbe maquette à l'échelle 1/50è du premier cuirassé, inventé par l'amiral Yi Sun-Shin en 1595, laquelle a été conçue par le professeur Kin Se-Joong du collège des Beaux-Arts de Séoul. S'ensuit une collection de costumes coréens, d'instruments de musique classique de Corée ainsi qu'une collection de photographies révélant toutes les beautés de ce pays.

Les visiteurs désireux de se procurer des objets d'artisanat pouvaient le faire à la boutique coréenne située au Carrefour International ou encore au kiosque Expo-services situé à côté du pavillon.

Pour une raison ou une autre ce pavillon fut partiellement épargné lors de la grande démolition qui eut lieu en 1986 alors qu'il fut décidé de tout raser, à quelques exceptions près, les vestiges d'Expo 67. On ne conserva du pavillon de la Corée que les piliers et la toîture et le bâtiment devint alors le plus étrange abribus de la ville.
Crédits photo originale de 1967: WorldsFairPhotos.com, the Bill Cotter collection

6 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: la Place des Nations (3)


Sur la photo du haut, toujours à la Place des Nations, on peut appercevoir le premier ministre du Canada Lester B. Pearson en train d’allumer la flamme, marquant ici l’inauguration officielle de l’Expo. Derrière, penché un peu vers l’avant, le premier ministre du Québec Daniel Johnson, puis le maire de Montréal Jean Drapeau et le Commissaire Général de l’Expo Pierre Dupuy. Comme je n’avais la photo du haut qu’en mémoire, j’ai manqué un peu l’angle en prenant celle du bas. 

Plusieurs choses ont changé entre ces deux images dont le socle où se trouve la flamme en haut qui n’est maintenant qu’un trou avec des ordures dedans maintenant. Quant à la plaque commémorative plaçée sur le devant, elle comporte une erreur quant à la date de fermeture de l'Expo qui a fermé le 29 octobre, et non le 27.

4 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: la Place des Nations (2)


La photo du haut, comme celle de l’article précédent, a été prise lors de l’inauguration officielle d’Expo 67. En tout et pour tout ce sont près de 7000 personnes qui ont pu prendre place afin d’assister aux cérémonies.La photo du bas a été prise 40 ans plus tard, jour pour jour. Encore ici on peut voir jusqu'à quel point l'endroit a changé.

1 mai 2011

D'hier à aujourd'hui: la Place des Nations (1)


En écrivant mes articles ici et lors de mes nombreuses recherches pour divers articles, il m'est souvent arrivé de me demander où se situait la limite de la période couverte par l'Archéologue Urbain. Pour celà il me fallait un évènement marquant de façon indélébile ce qui séparait le passé de l'avenir. 

Pour moi, rien ne pourrait autant symboliser cette démarcation qu'Expo 67 qui est en quelque sorte un électrochoc au niveau de la culture, de la société, de la science et du design. Et avec 50 millions de visiteurs, qui pourrait douter de son succès. Mais Expo 67 est aussi également un laboratoire d'archéologie urbaine, étonnant pour un évènement qui ne s'est produit qu'en 1967. Et pourtant. 

Comme on le sait, Expo 67 ne durait que six mois, après quoi tout devait être démoli selon les stipulations du BIE (Bureau International des Expositions). Le maire Drapeau avait toutefois pu obtenir une permission spéciale, soit de pouvoir conserver les pavillons et les installations. Chaque pays était tenu de payer pour les frais de démolition de leurs pavillons alors Drapeau leur demanda de bien vouloir en faire don à la ville de Montréal, ce qui leur évitait les frais en question. Drapeau put ainsi en obtenir une belle brochette et c'est ainsi qu'en 1968 l'ancien site d'Expo 67 devint celui de Terre des Hommes, un genre de parc thématique qui allait ainsi rouvrir à chaque été.

Mais dès 68 des choses avaient changé. L'immense pavillon soviétique n'était plus là puisqu'il avait été démonté (et ultérieurement remonté à Moscou) par les Russes. Même chose pour le pavillon de Cuba. Et au fil des ans d'autres pavillons durent passer sous le pic des démolisseurs car, faut-il le rappeller, très peu de ces bâtiments avaient été conçus pour durer plus de six mois. Aucun d'entre eux n'avait de climatisation ni de chauffage. 

Le 19 juillet 1975 le pavillon de l'Ontario est la proie des flammes et ne sera pas rebâti. L'année suivante, soit le le 20 mai 1976 c'est au tour de la Biosphère d'être la proie d'un incendie. La couverture en acrylique part en fumée à une vitesse incroyable, ne laissant derrière que le squelette métallique de l'ancien pavillon américain. En 1976 également une grande partie de l'île Notre-Dame fut rabotée afin de faire place au bassin olympique. On a dû pour celà démolir de nombreux pavillons.

En 1978 l'aménagement du circuit Gilles-Villeneuve apporte son lot de changements sur l'île Notre-Dame. Le coup de grâce vint en 1986 lorsque la ville de Montréal fit démolir tout ce qui pouvait rester d'Expo 67, à quelques exceptions près. J'aurai l'occasion de partager avec vous certains de ces vestiges qui ont échappé aux bulldozers et qui subsitent encore de nos jours.

Aujourd'hui j'ai choisi la Place des Nations puisque c'est là qu'eurent lieu le 27 avril 1967 les cérémonies d'ouverture d'Expo 67. La Place des Nations est une sorte d'agora en béton qui peut accueillir plus de 7000 personnes dont 2500 assises. C'est une oeuvre de l'achitecte André Blouin qui reçut d'ailleurs pour cette réalisation le prix de l'Académie royale canadienne des Arts.

Durant les années post-Expo la Place des Nations vit son état général se désagréger de plus en plus. Un plan de revitalisation mis en place par la ville de Montréal pour l'île Ste-Hélène incluait une remise en valeur de la Place des Nations fin d'en faire un mémorial pour Expo 67. Un projet qui n'a finalement jamais vu le jour. 

Aujoud'hui je vous propose donc un coup d'oeil visuel sur ce qu'avait l'air la Place des Nations le 27 avril 1967 ainsi que le 27 avril 2007, soit quarante ans plus tard.