22 juillet 2011

Auto-Lite en 1953


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Que retrouve t-on ici dans cette publicité de 1953? Les origines de la compagnie Electric Auto-Lite remontent à 1922. On y fabriquait des pièces, équipements et accessoires utilisés dans la manufacture d'automobiles. En 1945, grâce à de multiples acquisitions, la compagnie comptait sur un catalogue de plus de 400 types de pièces de toute sorte; démarreurs, phares, batteries, fils, câbles, klaxons et autres. En 1945, soit huit ans avant la parution de cette publicité, Electric Auto-Lite était le manufacturier de pièces le plus important en Amérique du Nord. Electric Auto-Lite n'avait pas d'usine au Québec, cette dernière se trouvant plutôt à Sarnia en Ontario.

Cette publicité à dû coûter une beurrée parce que non seulement il s'agit d'une double-page mais aussi parce qu'elle a été entièrement été réalisée à la main incluant le nom "Auto-Lite" à l'arrière. Il est d'ailleurs fort possible que plusieurs graphistes aient contribué à peindre tous les éléments que l'on voit ici. Sans compter que ces illustrations devaient être en tous points identiques aux produits réels. Chapeau!

Les produits Auto-Lite existent encore aujourd'hui sous le nom Autolite (on a simplement enlevé le trait d'union) et fait partie de la grande famille Honeywell. Il existe, comme on le sait, de véritables enthousiastes de voitures anciennes qui aiment remonter de vieilles voitures on tentant le plus possible de leur redonner leur apparence d'origine et ceci inclut évidemment les pièces. Ces mordus peuvent aisément retrouver aujourd'hui des batteries Auto-Lite identiques en apparence à celles que l'on voit dans la publicité d'aujourd'hui.

Site web de la compagnie: http://ca.autolite.com/frca/?select_region=1

16 juillet 2011

Breck en 1953


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Il fut une époque où les femmes portaient une très grande attention à leur chevelure et bien peu aurient osé sortir sans être bien coiffée. Sortir avec les bigoudis c'était réservé au moment où il fallait rentrer une brassée étendue sur la corde. Mais autre que ça... C'était le temps où Montréal regorgait alors de salons dits de haute-coiffure. Les plus vieux se souviendront sûrement de ces salons pour dames où étaient alignés ces gros sèchoirs à cheveux verticaux sous lesquels les dames attendaient patiemment tout en lisant des revues comme Paris Match.

La compagnie Breck fut fondée en 1930 à Springfield au Massachusetts par le docteur John H. Breck. six ans plus tard la direction de la compagnie est assumée par son fils Edward et ce dernier embauche l'artiste commercial Charles Gates Sheldon afin qu'il réalise des portraits de femmes devant paraître dans les publicités. Le portrait que l'on voit dans la publicité d'aujourd'hui en est un réalisé par Sheldon qui continue jusqu'en 1957 où il est remplaçé par Ralph Williams. Sheldon produisait ses portraits avec des pastels, ce qui créait une image très douce et très romantique de la beauté féminine. Williams quant à lui préféra utiliser des modèles professionnels qui en vinrent à être connues comme les filles Breck qui comptèrent Cheryl Tiegs, Cybill Sheperd, Jaclyn Smith, Kim Basinger, Brooke Shields et Farrah Fawcett entre autres.

La jeune fille apparaissant dans cette publicité de 1953 pourrait être soit Jean Ivory Stevens,
Nina Plumb Twining ou Linda Smith Williams qui furent toutes modèles pour Sheldon cette année-là.
 
En 1963 la compagnie fut vendue à American Cyanamid et fut rachetée en 1990 par la corporation Dial. En 2006 Breck fit l'objet d'une autre transaction lorsque la compagnie fut acquise par Dollar Tree, une chaîne de magasins où tout est vendu à $1 ou moins.

La publicité d'aujourd'hui pour le shampooing Breck est parue en 1953, l'année où fut présenté le film Ti-Cocq, écrit et produit par ce grand comédien que fut Gratien Gélinas. Le film, racontant les tribulations du soldat Ti-Cocq peu avant le début de la Seconde Guerre se mérita le prix du meilleur film de l'année au Canadian Film Award. Ti-Cocq, avant d'être un film, fut une pièce que Gélinas joua lui-même au théatre pendant trois ans et les revenus de la pièce lui permirent de financer le film.


9 juillet 2011

Le rocher des Irlandais


Le lien qui unit l'Irlande et le Canada remontent à très loin, à 1536 plus précisément lorsque des pêcheurs Irlandais de Cork ont voyagé jusqu'à Terre-Neuve. Cependant ce n'est qu'après la guerre de 1812 que l'immigration irlandaise connaît un essor important. Entre 1825 et 1845 les Irlandais comptent pour 60% des gens entrant au pays.

Autour de 1840 l'Irlande connaît cepandant de sérieux problèmes avec son agriculture, la pomme de terre surtout dont les récoltes sont dévastées presque entièrement par le Phytophtora infestans, mieux connu sous le nom de mildiou. Il s'agit d'une substance secrétée par les pucerons et qui peuvent ruiner des récoltes entières, surtout celles des pommes de terre et des tomates.


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D'où provient cette infestation? Certaines sources à l'époque penchent pour le nord-est d'Amérique du Nord où le mildiou a ruiné les récoltes de pommes de terre en 1843 et 44. Des navires en provenance de villes américaines comme Philadelphie ou New York auraient vraisemblablement emporté avec eux des pommes de terre contaminées lors de voyages en Irlande. De là, le mildiou s'est propagé à une vitesse fulgurante. En 1846 c'est près du trois-quart des récoltes qui est perdu et à l'automne de cette année-là on recense les premiers décès reliés à la famine. Sir Charles Trevelyan, un Britannique, est chargé de l'aide gouvernementale aux victimes de la famine mais n'ouvre pas très grand le robinet et se contente de limiter toute aide financière parce qu'il considère que cette famine a été envoyée par Dieu pour punir les Irlandais et leur donner une leçon. Ce qu'il ne faut évidemment pas entendre!

Malgré la famine l'Irlande exporte beaucoup de nourriture, vers l'Angleterre surtout et sous escorte militaire par surcroît. C'est que de nombreuses terres appartiennent à des aristocrates britanniques et ceux-ci n'hésitent nullement à en expulser les paysans Irlandais qui y travaillent. En 1847 on ne sème que très peu et malgré une récolte moyenne les gens ont faim. On réalise alors qu'une famine à grande échelle est inévitable. Pour plusieurs Irlandais il n'y a qu'une seule solution: émigrer ailleurs. Entre mai et octobre ils sont près de 107,000 à quitter l'Irlande pour le Canada.

Les gens s'embarquent alors à bord de bateaux qui, pour la plupart, ne sont pas fait pour transporter des passagers. Entassée dans des cales conçues pour de la marchandise la promiscuité est reine. Tout le monde est entassé dans des conditions que répugneraient probablement du bétail mais on n'a pas le choix. Les conditions sanitaires sont horribles et la ventilation pratiquement inexistante, des conditions que les gens doivent endurer pendant la durée du voyage qui peut prendre jusqu'à huit semaines, tout dépendant des conditions. Les premiers signes de typhus ne tardent pas à poindre. Le voyage est loin d'être terminé lorsque l'on constate les premiers décès. Il est tout à fait clair qu'on ne peut garder les corps à bord, on les monte sur le pont où on les envoie dans la mer. Plus de 4429 seront ainsi rejetés mais la maladie a déjà contaminé plusieurs personnes encore à bord de ces cercueils flottants.

Lorsque les premiers navires accostent à Québec on constate que des passagers sont morts durant le voyage et les autorités de la ville, ne voulant pas prendre de chance, décident d'imposer la quarantaine. Heureusement il y a un endroit tout désigné pour celà: Grosse-Ile, située tout juste en face de Montmagny et qui accueille depuis 1832 les immigrants pouvant être porteurs de maladies contagieuses. À bord des bateaux ancrés près de l'île ils sont plus de 1190 à mourir alors que dans les baraques sur l'île ce chiffre monte à 1501.

D'autres navires continuent toutefois leur chemin vers Montréal sans que l'on ne s'inquiète puisque les passagers semblent être en bonne santé. Plusieurs sont malheureusement contaminés mais ne présentent encore aucun signe de la maladie. Quand ils arrivent au port de Montréal la maladie à progresser chez plusieurs et quand ils débarquent sur les quais ils sont très mal en point. Plusieurs n'ont assez de forces que pour s'étendre aux abords des quais. Évidemment la nouvelle commence à se propager et le docteur Michael McColloch de l'Université McGill décide de se rendre lui-même sur les quais pour voir de quoi il en retourne. Ce dernier n'aime pas ce qu'il voit du tout et il s'en retourne rapidement à ses bureaux afin de rédiger un rapport à la ville de Montréal avec toute une foule d'importantes recommandations urgentes afin d'éviter que la maladie ne se propage à la population.

Le maire John Easton Mills prend connaissance du rapport et ordonne alors la construction immédiate de trois hangars à Pointe St-Charles pour y loger les malades. Longues de 150 pieds et larges de 50 pieds on y couche les malades à raison de trois par lit. Les soins sont prodigués par des religieuses de différentes congréagations dont les Soeurs Grises, les Soeurs de la Providence (oeuvre nouvellement fondée par Émilie Gamelin) ainsi que celles de l'Hôtel-Dieu. Les religieuses sont toutefois libres d'aller soigner ou non les malades car la mère supérieure des Soeurs Grises est formelle; toute personne qui entre dans les hangars risque la mort en contractant la maladie. Malgré les soins prodigués le nombre de victimes augmente et les Soeurs Grises perdent sept des leurs. La contagion s'étend au point où le nombre de hangars est maintenant rendu à 22. Le maire John Easton Mills, qui s'était porté volontaire pour soigner les malades meurt à son tour le 12 novembre. De nombreux prêtres venus pour donner les derniers sacrements aux mourants et recevoir leurs confessions comptent aussi parmis les victimes.

Le maire John Easton Mills

Ces victimes justement, se comptent par centaines et il faut alors trouver un emplacement pour les enterrer. Les cimetières de Montréal sont trop peu nombreux et beaucoup trop petits pour celà alors on décide de creuser une grande fosse à l'ouest des hangars. Ils sont près de 6000 à y être ensevelis.

En 1852 on commence la construction du pont Victoria. Ces travaux, on le sait, prendront plusieurs années puisque l'on doit construire une structure longue de 3 kilomètres qui sera supportée par 24 immenses piliers. Une partie des travaux nécéssitent des excavations du côté de Montréal non loin du fleuve. En 1857 les ouvriers de la firme Peto, Brassey & Betts sont affairés à creuser lorsque l'un d'entre eux s'arrête et observe l'endroit que vient de cogner sa pelle. Il entreprend alors de dégager davantage et se rend compte avec stupéfaction qu'il s'agit d'un cercueil. En très peu de temps les autres ouvriers font des découvertes similaires et on ne  tarde pas à réaliser qu'il s'agit là des victimes irlandaises du typhus de 1847. Le malaise est palpable, surtout pour les ouvriers présents qui sont d'origine irlandaise. Ces derniers expriment alors leur désir de créer un mémorial afin que la mémoire de toutes ces victimes ne soit pas oublié.C'est ainsi que le 1er décembre 1859 les ouvriers de Peto, Brassey & Betts installent sur un socle une immense pierre en granit de 30 tonnes que l'on a repêchée du lit du fleuve.

 La roche vient d'être sortie du lit du fleuve.


 "To Preserve from Desecration the Remains of 6000 Immigrants Who died of Ship Fever A.D. 1847-48
This Stone is erected by the Workmen of Messrs. Peto, Brassey and Betts
Employed in the Construction of the Victoria Bridge A.D. 1859"

Aujourd'hui la pierre occupe toujours le même espace mais semble perdue entre les deux voies de la rue Bridge. Elle est devenue noire avec les années en raison de la pollution automobile. Pour plusieurs, il est parfaitement incongru que l'on ait construit une route par-dessus ce cimetière. Les gens qui veulent se recueillir près de la pierre doivent traverser la rue Bridge en bravant le traffic puisqu'il n'y a aucun accès piétonnier.

Quant aux hangars il est quelque peu difficile d'établir avec précision leur emplacement mais on peut avancer qu'il devaient se situer le long de l'actuelle rue Mills entre les rue Bridge et le Chemin des Moulins. Il n'existe évidemment plus aucune trace de ces bâtiments.

Quant à la firme Peto, Brassey and Betts, elle était le fruit d'une association entre Samuel Morton Peto, Thomas Brassey et Edward Betts. Elle ne figure pas dans les Lovell de l'époque puisque c'était une compagnie britannique qui a d'ailleurs réalisé nombre d'autres grands projets  de par le monde entier. 


Lemplacement de la roche sur la rue Bridge.
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4 juillet 2011

Le Musée de Cire Historique Canadien

Peut-être vous est-il déjà arrivé de passer sur le Chemin de la Reine-Marie et de noter un bâtiment particulier, presque en face de l'Oratoire Saint-Joseph, et de trouver que son style était quelque peu étrange pour une pharmacie. En effet, la présence aux coins du bâtiment de statues d'origines visiblement bibliques a de quoi étonner. Tout comme cette sorte d'entrée en arche, au pourtour finement sculpté, et par laquelle on ne peut passer puisqu'elle est condamnée. C'est au-dessus de cette arche, justement, que l'on trouve un indice sur l'origine du bâtiment. Là, taillés en bas-relief, se trouvent les inscriptions "MUSÉE" au centre, ainsi que "HISTORIQUE" et "CANADIEN" à gauche et à droite, respectivement.

Ce bâtiment fut originalement construit afin d'abriter toute une collection de personnages de cire grandeur nature disposés de çà et là dans des dioramas en trompe-l'oeil et évoquant tantôt des scènes bibliques et tantôt des scènes de l'histoire du Canada. Le Musée fut inauguré en 1935 par ses deux fondateurs, le sculpteur Albert Chartier et le peintre Robert Tancrède, tous deux Français. L'entrée du Musée était là où se trouve la grande arche condamnée. Là on pouvait se procurer les billets d'admission mais aussi se procurer des souvenirs divers ainsi que des accessoires pour appareils-photos.

La visite débutait en descendant un escalier qui semblait taillé à même de la pierre, donnant ainsi l'illusion aux visiteurs qu'ils entraient dans une caverne. Cette mise en scène avait été  conçue afin de complémenter les premiers dioramas qui représentaient la vie des premiers chrétiens dans les catacombes de Rome. Puis, le décor devenait plus élaboré, représentant le plus fidèlement possible l'architecture et les peintures des catacombes, incluant même des tombeaux creusés à même les murs.

Les dioramas étaient relativement élaborés. On y retrouvaient les personnages, étonnants de réalisme avec leurs cheveux faits avec de véritables cheveux humains. L'espace de chaque diorama étant limité, on complétait ceux-ci avec des peintures, donnant ainsi une illusion de profondeur.

Les visiteurs quittaient les catacombes en montant un escalier qui les conduisaient directement dans l'histoire du Canada avec des dioramas représentant l'arrivée de Cartier en Gaspésie ainsi que la vie des premiers colons de Nouvelle-France.

La visite se terminait par des représentations de scènes plus actuelles (selon l'époque) et qui
représentaient ainsi le Pape, les Premiers Ministres ainsi que le Président américain. Vers la fin de 1969 on ajouta un petit diorama représentant les trois astronautes de la mission Apollo 11. Les visiteurs aboutissaient ensuite à l'entrée principale d'où ils étaient entrés. Au tout début, soit en 1935, les autorités religieuses ne furent pas exactement favorables quant à l'ouverture de ce musée puisqu'elles craignaient en effet que ce dernier n'en vienne à leur soutirer des visiteurs. Ce ne fut pas le cas puisqu'il s'établit une sorte de symbiose touristique; les visiteurs de l'Oratoire en venaient à aller au Musée et ceux qui allaient au Musée retontissaient éventuellement  à l'Oratoire. Et il en fut ainsi jusqu'en 1989, année où il fut décidé de fermer le Musée de cire malgré un achalandage de près de 300,000 visiteurs  par an. Par chance, le Musée des Civilisations de Québec se porta acquéreur des quelques 200 personnages de cire, les épargnant ainsi d'une destruction qui aurait été carrément impardonnable.

Suite à cette fermeture le bâtiment fut occupé pendant un certain temps par le restaurant Le commensal pour ensuite loger le commerce actuel soit une pharmacie Pharmaprix dont l'intérieur ne comporte plus aucune trace de l'ancien musée. Seuls subsistent les éléments extérieurs. Dans ma collection personnelle de documents, catalogues, cartes postales et autres, il y a un petit livret souvenir qui fut vraisemblablement imprimé au début des années 50 et dans lequel se trouvent bon nombre de photos. J'ai cru bon en numériser quelques-unes et de les inclure dans cet article avec quelques explications d'usage. Chaque photo peut être agrandie en cliquant dessus.


La page intérieure du livret-souvenir. Dommage qu'il n'y ait aucune voiture ou autre élément
permettant une datation précise de l'année où il fut imprimé.


Un groupe de chrétiens se rend dans les catacombes via une entrée secrète que l'on nommait «lucernaire». Ils avancent discrètement afin de ne pas faire de bruit et attirer l'attention. La fresque sur le mur de gauche représentait Moïse à deux époques de sa vie. Ce diorama était l'un des premiers à appercevoir durant la visite.



Toujours dans les catacombes romaines nous voyons ici un pontife célébrant la communion. La fresque que l'on apperçoit à droite représentait la Cène telle que décrite dans l'évangile. Ce diorama était relativement complexe de par le nombre de représentations symboliques qui s'y trouvaient.



On assiste ici à la sépulture d'une jeune fille. Les causes de sa mort auraient pu être multiples. Sans compter que l'espérance de vie à cette époque était loin d'être celle d'aujourd'hui. La fosse creusée dans la paroi s'appelait «loculus» et on voit à l'arrière des «fossores» portant une autre personne décédée.


Ce diorama était l'un des premiers que l'on voyait en descendant l'escalier. On y voyait un apôtre prêchant devant un groupe de fidèles. Quelques détails intéressants dont la femme qui arrive discrètement par l'arrière en transportant une lampe ainsi que le tombeau au fond portant l'inscription «In Pace», qui veut dire «en paix».


Les nombreux dioramas représentant les catacombes romaines étaient assez élaborées dans leur conception. Ici il s'agit d'une célébration du mariage où l'on peut voir les jeunes mariés procéder à l'échange des alliances. L'arbre peint derrière le célébrant était une symbolique de l'arbre de Jessé.



Pendant longtemps il a été enseigné que les premiers chrétiens avaient largement été envoyés dans l'arène du colisée pour être taillés en pièces par les bêtes sauvages, quelque chose que ce diorama en trompe-l'oeil mettait en scène avec brio. La réalité est cepandant un peu plus nébuleuse. Bien que l'on sache qu'il y avait des combats sanguinaires dans l'arène du colisée il semble que ces fameuses persécutions à l'endroit des chrétiens n'auraient pas été aussi systématiques ni aussi drastiques que celles décrites par l'église. Il pouvait certes y avoir des chrétiens qui se retrouvaient dans l'arène mais il s'agissait généralement de criminels de droit commun. Les historiens s'entendent gnéralement pour dire que les Romains étaient relativement tolérants face au polythéisme.



Cette scène, très étroite, se trouvait sitôt en sortant de la prison. Ici, un Rétiaire tire dans son
filet un Mirmillon qu'il a vaincu dans l'arène. Chrétien ou esclave, le Rétiaire se battait souvent nu avec pour seules armes un trident et un filet. Les autre gladiateurs portaient des armures sommaires qui étaient conçues pour ne pas protéger les parties vitales. Si le Rétiaire parvenait à vaincre il devenait un homme libre. L'éclairage qui ne parvenait que du dessus aidait beaucoup à rendre cette scène dramatique.



Il aurait été difficile de faire des dioramas à saveur biblique sans inclure la scène de la Nativité. Celle-ci occupait un bon espace mais les artistes avaient encore une fois fait usage du trompe-l'oeil pour donner une illusion de profondeur. La scène était tout à fait représentative des scènes du genre que l'on retrouvait à l'époque; l'âne, le boeuf, les rois mages, les chameaux, alouette! Bref, il y avait du monde à la messe, comme on dit.



Ce diorama n'était pas très grand mais les concepteurs avaient fait un excellent travail d'illusion afin de laisser croire qu'il était plus grand. C'était ici la représentation de la fuite en Égypte peu de temps après la naissance de Jésus.


Après avoir quitté les scènes bibliques on entrait directement dans l'histoire du Canada. Dans ce diorama on retrouve une représentation du débarquement de Jacques Cartier en Gaspésie en 1534. Cartier échange des cadeaux avec le chef amérindien afin de gagner son amitié. Des membres de l'expédition plante une croix en signe de prise de possession pour le roi de France. On voit au premier plan des amérindiens qui se cachent derrière des arbres. Ils sont étonnés par le spectacle mais se tiennent prêts à intervenir pour défendre leur chef. On ne voit pas très bien le drapeau sur cette photo mais durant la visite, en se plaçant un peu de biais, on arrivait à bien le voir. Certains visiteurs étaient étonnés de ne pas appercevoir le blanc fleudelysé, ce qui était normal puisque Cartier emportait avec lui le pavillon de François 1er. Le blanc fleurdelysé n'apparut que sous le règne d'Henri IV une centaine d'années plus tard.


Cette scène se passe à Québec dans le manoir du Gouverneur De Montmagny. On reconnaît Paul de Chomedey de Maisonneuve au milieu de la pièce alors qu'il affirme vouloir mener à bien sa mission qui est de s'installer sur l'île de Montréal. Assis devant la cheminée on retrouve le Chevalier Hunault de Montmagny qui essaie de dissuader Maisonneuve. Derrière lui il y a Jeanne Mance dont l'attitude est résolue alors que Pierre Du Puiseaux est appuyé sur la cheminée. Assis à droite on apperçoit le père Vimont, supérieur des Jésuites alors qu'à gauche on voit madame de la Peltrie, également bienfaitrice derrière laquelle il y a sa demoiselle de compagnie, Charlotte Barre. De Maisonneuve en pointant semble dire qu'il ira à Montréal quand bien même chaque arbre se changerait en Iroquois.



Toujours dans la section sur l'histoire du Canada il y avait cette scène où Jeanne Mance, première infirmière du pays et Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, prodiguent les premiers soins à un homme s'étant fait scalper. Très peu visibles sur la photo mais que l'on pouvait très bien voir sur place, les deux lits à gauche dans lesquels se trouvaient des patients. Détail très intéressant qu'est l'épaisseur des murs à l'arrière, caractéristique de la construction du temps de la colonie. Sur le mur à gauche une carte de l'Amérique de 1588. La lumière du soleil passant par les deux fenêtres était bien entendu une simulation mais qui était très convaincante.



Scène très intéressante où l'on voit Marguerite d'Youville, fondatrice des Soeurs Grises cacher un officier anglais sous la toile de tente qu'elle répare avec une autre religieuse. L'amérindien qui poursuivait l'officier fait irruption dans la pièce et Marguerite d'Youville pointe en direction de l'autre porte qui est entrebaîllée afin de faire croire à l'amérindien que l'officier est parti par là. Dix ans plus tard ce même officier sauva l'hôpital général lors du siège de Montréal.


Ici on voit Kateri Tekakwitha agenouillée en prière. Derrière elle le St-Laurent tel qu'il apparaît de Laprairie où Kateri habite avec son oncle tout juste au pied du Sault Saint-Louis. Cette scène s'inscrivait bien sûr dans le cadre de l'instruction catholique que voulait promouvoir le Musée.



Le fondateur de l'Oratoire St-Joseph est bien connu quoiqu'un peu moins (ou pas du tout) pour les jeunes générations d'aujourd'hui. Toujours est-il que le frère était venu sur les lieux mêmes du musée afin de poser pour le sculpteur Albert Chartier en 1936 soit un an avant sa mort. Tous ceux qui avaient connu le frère André et qui avaient vu sa représentation en cire s'entendaient pour dire que la représentation était absolument frappante.



De ma collection de cartes postales voici celle où l'on voit le Musée de cire tel qu'il apparaissait en 1976, l'année des Olympiques dont le logo se trouve en haut à gauche. Le bâtiment, avouez-le, avait du panache!


J'ai maladroitement pris cette photo en 2003 alors que j'étais en voiture. A cette époque le Musée était devenu un restaurant, le Commensal. Le lettrage identifiant le bâtiment comme un musée a été rendu illisible avec les couches de peinture. On a aussi enlevé toute l'entrée faite en bois pour la remplacer par une autre en métal.


Tel que l'ancien Musée apparaissait il y a quelques années seulement. Le bâtiment au complet est devenu une succursale de la chaîne Pharmaprix. L'entrée sur le chemin de la Reine-Marie est à toutes fins utiles condamné et les murs de chaque côté ont été ouverts. On aura au moins eu l'amabilité de ne pas toucher aux statues se trouvant aux coins mais chose certaine le bâtiment n'a rien gagné durant sa conversion, au contraire, qui lui a enlevé toute sa dignité architecturale sans compter l'enlèvement de toute la verdure dont les arbustes qui longeaient le trottoir. Ce bâtiment s'ajoute malheureusement à la longue liste des nombreuses perles de notre patrimoine architectural que l'on a sacrifié au fil des ans.

En concluant cet article, je vous invite à aller voir un cliché que j'ai fait de l'arche pour mon photoblogue ainsi qu'a regarder ce clip de Radio-Canada où il est question du Musée:

http://archives.radio-canada.ca/societe/insolite/clips/14677/

2 juillet 2011

Les tapis BMK en 1953


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Au début des années 50 les tapis sont devenus des articles plus abordables, non seulement en raison des coûts de fabrication réduits mais aussi en raison du pouvoir d'achat des gens qui grandissait. Les gens pouvaient alors garnir leur demeure avec quelque chose qui n'était
auparavant que réservé aux gens en moyens.

Il faut dire que le tapis avait de quoi séduire puisqu'il ajoutait cette touche de luxe et de raffinement, sans compter tous les différents modèles et motifs. On ignorait toutefois que ces mêmes tapis, de par leur manque d'entretien ou de par les produits utilisés pour les nettoyer, seraient bientot responsables de nombres de problèmes de santé comme le naphtalène (boules à mites). On découvrira durant les années 60 le syndrome Kawasaki, une maladie qui serait déclenchée par les produits chimiques contenus dans les nettoyeurs.

Parmis les qualités prétendues du tapis que l'on vante dans ctte publicité pour les tapis BMK de la compagnie Blackwood Morton, on mentionne que l'on mêle la laine avec d'autres brins sélectionnés afin de confectionner des tapis à l'épreuve des mites. Ah! Alors faites laconnaissance de l'anthrène du bouillon blanc.

Bonjour!

Ce charmant petit insecte discret possède un estomac dans lequel se trouve une merveilleuse soupe chimique capable de réduire la laine en sucre de sorte que la bestiole bouffe du tapis comme un gamin de la barbe-à-papa. Il y a aussi une variété de Poisson d'argent que l'on nomme en anglais "firebrat" et qui aime se loger dans les sections chaudes des tapis, entre autres celles jouxtant un foyer ou autre source de chaleur et qui peut aussi manger à peu près n'importe quoi.

Un autre des gros problèmes que l'on ignorait problablement dans les années 50 était l'accumulation dans les tapis des substances cancérigènes contenues dans les cigarettes. Comme les enfants passaient l'essentiel de leur temps à jouer sur le plancher alors les risques de développer des maladies comme le cancer du poumon étaient significativement plus élevées dans les maisonnées où l'on fumait.

Bien entendu plusieurs personnes passaient l'aspirateur régulièrement mais il s'est avéré dans une étude faite par des microbiologistes que l'aspirateur était l'un des cinq éléments d'une maison contenant la plus grande quantité de germes avec le linge à vaisselle, la cuvette, la laveuse à linge et la poubelle de cuisine.

Blackwood Morton est une compagnie qui fut fondée à la fin du 19è siècle à Kilmarnock en Écossse (la même ville que le Johnnie Walker) et devint rapidement réputée pour la qualité de ses tapis. La compagnie semblait avoir des installations à Ste-Thérèse mais je n'ai pu encore trouver aucune information à ce sujet. Quant à l'usine sitée en Écosse elle cessa vraisemblablement ses opérations au début de 2005.