30 septembre 2011

Les chemises Arrow en 1953


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Arrow est une marque de chemises qui fut introduite en 1929 par Cluett, Peabody & Company, une compagnie dont les origines remontent à 1851. Cette année-là la compagnie Maullin & Blanchard débute la fabrication de collets de chemises à New-York. Dans ce temps-là les collets étaient séparés des chemises. La compagnie change de nom en 1856 pour Maullin & Bigelow et devient en1861 Maullin, Bigelow & Company lorsque George B. Cluett, qui était employé comme commis depuis 1854 devint partenaire. Cette association fit patate en 1862 et à ce moment Cluett fonde la firme Maullin & Cluett. L'année suivante Maullin trépasse et la compagnie change de nom pour Geo. B. Cluett, Bros & Company.

En 1891 la compagnie fusionne avec Coon & Company et prend à son bord un certain Frederick F. Peabody lequel devient partenaire quelques années plus tard et en 1899 la compagnie prend le nom de Cluett, Peabody & Company. En 1913 la compagnie fusionne avec Apex Collar & Shirt Company mais ne change pas de nom. 

Vous êtes étourdi? Moi aussi.

C'est ici que ça devient intéressant. La bibliothèque Baker du Harvard Business School indique
que Cluett, Peabody & Company of Canada fut fondée en 1918 sauf que Le Fouinard et Babillard en moi a trouvé une carte postale sur laquelle on apperçoit non seulementl'édifice de la compagnie, l'endroit où il était (St-Jean) mais aussi une date qui diffère de celle mentionnée sur le site de l'Université Harvard. En effet, sur la carte postale est imprimée la date 1914. Je leur ai envoyé l'information l'été dernier mais on ne m'a toujours pas répondu à ce sujet.

Quant à l'usine à St-Jean, elle ne sert plus à la fabrication de chemises et de cols depuis longtemps et on a décider non seulelement de le conserver mais aussi de le reconvertir en unités d'habitations.

Quant au prix des chemises dans la publicité d'aujourd'hui, $4.95 l'unité revient, en dollars ajustés de 2011 à $42.95.

23 septembre 2011

Crosley en 1953


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Crosley Radio Corporation fut pendant un certain temps le plus important manufacturier de radios portatives aux États-Unis. La compagnie fut une pionnière quant à la vente d'appareils radio et autres appareils ménagers à prix abordables.

Les origines de la compagnie Crosley remontent au début des années 20 alors que le fils de Powel Crosley Jr. évoqua le désir d'avoir un appareil radio, une nouveauté très en vogue à l'époque. Le père s'en alla donc avec son fils dans une boutique et furent horriblement déçus de constater qu'aucun appareil n'était vendu pour moins de $100. Un livret intitulé The ABC of Radio lui permit de construire son propre poste de réception à peu de frais.

En juillet 1921 Crosley installa un émetteur d'une puissance de 20 watts à sa résidence de College Hill et commença à diffuser les 78-tours qu'il avait dans sa collection. En mars 1922 il reçut sa license du gouvernement et opéra sa station sous l'appellation WLW avec un signal de 50 watts, du jamais vu! Le signal fut augmenté à un incroyable 500 watts en 1923 et promit une boîte de bonbons au premier auditeur de chaque état qui lui enverrait un télégramme. Il en reçut de 23 états ainsi que de 3 provinces canadiennes.

La même année Crosley fonda une compagnie afin de manufacturer des pièces de radio et en 1924 Crosley Radio Corporation était déjà le plus grand fabriquant de radios au monde et
un an plus tard il augmenta sa puissance de transmission à 5000 watts et en 1927 WLW prit le contrôle de la fréquence 700 kilocycle (aujourd'hui connu sous le terme kilohertz, ou Khz).

En 1929 un édifice de huit étages fut construit. lequel logea la manufacture ainsi que le studio de radio au huitième. A ce moment-là, Crosley fabriquait plus de 2000 appareils radio par jour, employant plus de 3000 personnes. en 1930 toutefois les affaires allèrent moins bien.

Loin de se décourager, Crosley fabriqua tout un tas de nouveaux trucs; un réfrigérateur fonctionnant sans électricité, la première radio d'auto et commença la production de réfrigérateurs électriques et fut le premier à introduire des espaces de rangement dans la portière. quand le brevet prit fin tous les autres manufacturiers de réfrigérateurs emboîtèrent le pas (en ouvrant votre frigo maintenant vous saurez d'où origine les tablettes dans la porte).

En 1934 Crosley acheta les Reds de Cincinnati et le Redland Field où se déroulaient les parties fut renommé Crosley Field. En 1945 il vendit sa station WLW ainsi que la Crosley Corporation à AVCO (Aviation Company) qui mit en service sa station de télévision WLWT-TV en ondes. AVCO commença à manufacturer des appareils de télévision sous le nom Crosley Corporation.

Crosley cessa d'être vendu en 1956 soit trois ans après la parution de la publicité d'aujourd'hui. En 1976 un groupe de distributeurs indépendants rachetèrent les droits d'utilisation du nom Crosley et réintroduirent la marque avec toute une série d'appareils ménagers dont certains utilisent les termes commerciaux de l'époque.

La publicité d'aujourd'hui semble bien prometteuse. En effet, grâce à un circuit électronique perfectionné comportant un diode au germanium (c'est ce qui est écrit) vous pouvez bénéficier d'une image claire et nette, la vidéo-sentinelle s'occupant d'éliminer toute interférence pouvant nuire au visionnement de votre émission favorite. Parmis ces interférences, on note dans la publicité un avion, un rasoir électrique, un aspirateur.

Les plus vieux s'en souviendront; on regardait une émission de télévision puis, quelqu'un, quelque part dans la maison utilisait un appareil électrique. S'ensuivait alors toute une multitude de points blancs qui tapissaient l'écran. Ce phénomène pouvait aussi s'accompagner d'un doublement de l'image ou même de voir une image provenant d'une autre station de télévision. Cette situation était essentiellement dûe au fait que ces appareils électriques lorsque mis en marche émettent des ondes radio. Peu avant qu'on cesse d'émettre en mode analogique pour les télévisions en août 2011 l'on n'avait trouvé encore aucune solution définitive au problème d'interférence électrique tel que mentionné dans l'annonce, alors imaginez en 1953!

18 septembre 2011

Bénédiction requise

Il n'y a pas si longtemps je vous racontais dans un autre article comment l'église catholique avait été puiser ses symboles mais aussi, brièvement, comment elle exerçait un pouvoir certain sur la population. Peu de choses seraient en mesure d'illustrer celà mieux que cette photo ici-bas, qui provient des archives familiales.


Cliquez pour agrandir (si, si, ça vaut la peine)

Alors qu'avons-nous ici et qu'est-ce qui se passe?

Nous sommes en 1950, très exactement. Monsieur Bernard Chénier vient tout juste de se porter acquéreur d'un espace commercial situé au coin d'Aylwin et hochelaga et il y ouvre ce qui pourrait être qualifié de magasin général. On peut y acheter de la nourriture tout comme différents articles pour la maison.

Monsieur Chénier aurait pu tout simplement placer une bannière dehors pour annoncer son ouverture avec quelquonques rabais intéressants (ou pas), histoire d'attirer un peu de clientèle. Mais ça ne s'est pas passé comme ça. Pensez-vous sérieusement que le curé de la paroisse (Ste-Jeanne-d'Arc dans ce cas-ci) allait laisser passer une telle occasion?

Néni.

Allez m'sieurs dames, mettez-vous sur votre trente-six et soyez au magasin pour sept-heures pile du soir. Il y aura la bénédiction officielle du nouveau magasin. Profitez-en pour obtenir une absolution gratuite à l'achat de deux bénédictions. Ah non, je plaisante mais quand même, ça démontre bien l'emprise de l'Église.

Outre la bénédiction proprement dite, la photo comporte quelques éléments intéressants. J'y reconnais mon grand-père et ma grand-mère, au fond. Mais il y a aussi cette petite dame, un peu derrière le curé et qui le regarde d'une drôle de façon. Pourquoi? Qui sait? Sa tronche est tout de même impayable.


Mais le plus hilarant est la petite scène qui se passe vers la gauche à l'arrière. Il y a là un personnage, masculin, qui n'est pas du tout intéressé par la cérémonie. D'ailleurs il a le dos complètement tourné et semble s'adonner à une session de magasinage en bonne et dûe forme.


12 septembre 2011

Clorets en 1953


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On se souvient tous de la fameuse publicité télé de cette marque de gomme à mâcher mettant en vedette Albert Millaire et qui disait: «C'est un peu plus cher, mais c'est plus que du bonbon.» Slogan génial s'il en fut un. Clorets fit son apparition en 1951 et le produit n'était sur les tablettes que depuis deux ans lorsque cette publicité parut.

Il est tout de même intéressant de noter comment on encourage ici les gens à manger les trucs les plus odorants qui soient ainsi qu'a fumer pour ensuite se rendre compte comment Clorets faisait des miracles. Et le «miracle» n'est dû qu'à la chlorophylle, substance que l'on retrouve dans à peu près tous les végétaux mais qui est aussi utilisée comme colorant alimentaire portant le nom de E140.

Clorets était évidemment disponible partout en ville. On retrouvait le produit dans les pharmacies, les marchés mais aussi dans les restaurants dans un petit présentoir en métal subtilement plaçé près de la caisse.

4 septembre 2011

Aspirin en 1953


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L'aspirin, nom commercial de l'acide acétylsalicylique (à prononcer trois fois rapidement la bouche pleine de biscuits soda) est un médicament qui qui a une origine intéressante. Pourquoi? Parce que le médicament origine d'un arbre. En fait, de son écorce, pour être plus précis.


En 1825 un apothicaire italien, Francesco Montana connaît très bien les propriétés de l'écorce de saule et arrive à en isoler la substance active qu'il nomme de l'acide salicine. Un peu plus tard, en 1828, c'est au tour d'un autre apothicaire, Johann Buchner, de jouer là-dedans et parvient à extraire des cristaux jaunes de l'écorce: la salicyline, qui ne goûte pas bon pantoute. En 1829 Pierre-Joseph Leroux (un Français) broie de l'écorce de saule, fait bouillir et concentre tout ça en une poudre. Il dit à ses confrères de l'Académie des sciences que son truc guérit la fièvre.


Leroux ne savait probablement pas que  les propriétés curatives de l'écorce de saule étaient connues des anciens Égyptiens, des Summériens, des Grecs (Hippocrate le recommandait particulièrement) et les Romains, aussi.  Enfin.

Le chimiste Français Charles Frédéric Gerhardt lui, va aller un peu plus loin dans la recette. Il acétylise la salicyline et obtenir la première concoction d'acide acétylsalicylique en 1853 mais ce n'est qu.en 1897 qu'un autre chimiste, Allemand çui-là, Félix Hoffmann qui, en reprenant les travaux de Gerhardt, parvient à obtenir de l'acide acétylsalicylique pur. Hoffmann est alors à l'emploi de Bayer AG et donne au médicament le nom d'Aspirin, lequel est fabriqué en grande quantité et mis sur le marché en 1899.

Après la Première Guerre mondiale l'Allemagne est sous le coup du Traité de Versailles et se voit imposer une longue et lourde série de sanctions dont des réparations économiques qui font qu'Aspirin tombe sous le domaine public. Essentiellement celà veut dire que n'importe quelle compagnie pharmaceutique pouvait produire et commercialiser des comprimés d'acide acétylsalicylique en utilisant le nom aspirin (avec un a minuscule). Au Canada toutefois, curieusement, ce n'est pas le cas et Aspirin (avec un A majuscule) continue d'être vendu comme marque de commerce de Bayer.

Mais, est-ce que les effets d'Aspirin tels qu'annoncés dans cette publicité de 1953 sont véridictes? On prétend que les effets sont d'une rapidité étonnante. Toutefois des tests cliniques effectués en 2005 (Bachert, C.; Chuchalin, A.; Eisebitt, R.; Netayzhenko, V.; Voelker, M.) semblent avoir démontré qu'un gramme d'aspirine, en moyenne, parvenait à réduire la température buccale de 39.0 °C (102.2 °F) à 37.6 °C (99.7 °F) après trois heures. Les premiers soulagements furent observés après 30 minutes et après 6 heures la température demeurait toujours sous 37.8 °C (100.0 °F).

La publicité d'aujourd'hui remonte à 1953 et en cette année-là bien peu de produits peuvent rivaliser avec l'aspirine. Ce n'est qu'en 1956 que l'on découvrira le paracétamol (aussi appelé acétaminophène et commercialisé sous le nom de Tylenol et Anacin-3, entre autres) alors que l'ibuprofène (Advil, Motrin) ne le sera qu'en 1969. Donc, en conclusion, les gens de 1953 pouvaient se fier à l'aspirine qui fonctionnait tel qu'annonçé ici, un médicament dont on allait encore découvrir d'autres propriétés plusieurs années plus tard.

Le saviez-vous? Dans l'ouest canadien les ours grizzly ne sont pas réputés pour aller chez le dentiste deux fois par année alors quand ils se retrouvent avec des maux de dents on les surprend à machouiller de l'écorce de saule pour se soulager.