21 août 2012

Jacques Cartier (partie 1)

Portrait de Jacques Cartier par Théophile Hamel. Ce dernier a du imaginer de quoi avait l'air le personnage parce qu'il ne se trouve aucun portrait officiel de lui.

Le pont Jacques-Cartier, la place Jacques-Cartier, la ville de Jacques-Cartier, le parc national Jacques-Cartier, le mont Jacques-Cartier, la rivière Jacques-Cartier, la baie de Jacques-Cartier, la circonscription Jacques-Cartier et nombre d'autres encore. En voulez-vous du Jacques Cartier? En v'la! Chose certaine, le fameux navigateur et explorateur malouin est bel et bien commémoré.

Évidemment on a tous appris à la petite école la version «officielle» disant que Jacques Cartier a «découvert» le Canada en 1534. Mais bon, «découvrir» est un bien grand mot. Cartier, comme Colomb avant lui en 1492, ne venait pas par ici pour découvrir des terres quelquonques mais bien pour trouver le fameux passage vers l'Asie, qui était là le fantasme de tout marin de l'époque. Aussi, aucun des deux n'avaient réellement idée de l'étendue du continent nord-américain.

Et puis il y a les Vikings qui se sont bien établis à l'actuelle Anse-aux-Meadows à Terre-Neuve autour de l'an 1000 et que Leif Erikson avait nommé Vinland. Quand même.

On sait aussi que des pêcheurs basques et bretons se rendaient de temps à autres au large de Terre-Neuve pour y faire de très bonnes prises. Le marin Jehan Denys, de Honfleur, fit l'un de ces voyages vers 1506 avec les pilotes Gamard et Thomas Aubert. Ce même Aubert n'avait même t-il pas capturé sept amérindiens en 1509 pour les ramener à Dieppe? Mais si! D'ailleurs, Aubert était convaincu d'avoir enfin découvert le fameux passage tant recherché vers l'Asie. Les sept amérindiens furent aussi présentés à rouen en 1512 où ils suscitèrent un intérêt assez particulier sinon très vif, comme on peut s'en douter. On ne sait que très peu de choses sur le sort de ces amérindiens autre qu'ils ont été baptisés. Sont-ils restés là-bas? Leur auraient-on appris à parler français et à lire? Sont-ils revenus? Chose certaine, la vue des villes comme Dieppe et Rouen les ont sûrement bien impressionné.

Quant à Aubert, il affirme sans l'ombre d'un doute, aussi minuscule soit-il, que les régions d'où vienaient ces amérindiens étaient incroyablement riches en fourrures et en poissons. ce qui a évidemment piqué la curiosité du roi Louis XII (on imagine).

Sauf que là vous allez me dire; Pluche, espèce de gouffre à sottises et mésadapté social, il vient faire quoi Cartier, le sujet de ton article en passant, là-dedans?

J'y arrivais.

Donc le roi Louix XII commence à mandater des expéditions afin de pouvoir coloniser les nouvelles terres. Sauf que le terme «nouvelles terres» ratisse large. Jean Argo (dont les hommes d'équipage ne portaient pas le nom d'Argonautes, soyez sérieux) est passé par les côtes de Terre-Neuve pour ensuite filer en Guinée en passant par le Brésil et même joindre Sumatra. C'est donc dire.

C'est en 1523 que François 1er mandate le navigateur florentin Giovanni da Verrazano pour aller explorer l'Amérique du Nord. Le mot «amérique» vient d'ailleur d'Amerigo Vespucci, une autre florentin et ami de Christophe Colomb. C'est comme ça que da Verrazano atteint la Floride, qu'il baptise Fransiscane, remonte cartographier Terre-Neuve et redescend fonder ce qu'il va nommer la Nouvelle-Amsterdam, que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de New York.

Et Cartier?

Oui oui, Cartier. C'est justement le nom qu'a en tête Jean Le Veneur, qui se trouve à être évêque de Lisieux et aussi grand aumônier du roi, en l'ocurence ici, François 1er. Alors par un beau jour comme ça en 1534 il se rend voir le roi et conseille à ce dernier d'envoyer un très bon marin vers l'Amérique du Nord.

- C'est un malouin, votre majesté.

- Un breton?

- Oh, votre majesté, je ne crois pas qu'il se considère breton. Vous savez, les malouins ont leur fierté, après tout.

- Est-il déjà allé là-bas?

- Il aurait accompagné un voyage de pêche il y a quelques années et je crois qu'il a participé à au moins une exploration de l'Amérique du Sud. Il parle d'ailleurs très bien le portuguais.

- Très bien, alors ce Cartier ira là-bas en mon nom.

(Note: Je n'étais pas là pour entendre la conversation alors j'ai fait comme Hamel dans sa peinture et j'ai imaginé un peu.)

Et Cartier devient alors comme le successeur de Verrazano. A Saint-Malo, peu avant le printemps de 1534 et profitant assurément d'une marée haute (les marée de Saint-Malo sont impressionnantes), Cartier met le cap pour l'Amérique avec deux navires et une soixantaine d'hommes d'équipages. 

La traversée transatlantique pouvait varier grandement, tout dépendait des conditions. Cartier mit très exactement vingt jours. Pas si mal quand même. Ils sont arrivés au large de Terre-Neuve, qu'ils ont longé vers le nord pour ensuite passer par le détroit de Belle-Isle, longer la côte ouest de Terre-Neuve pour ensuite entrer dans le golfe du Saint-Laurent. A ce temps-là de l'année, en haute-mer, il devait pas faire chaud, par Toutatis.

Et là, vous croirez pas ce qu'ils ont vu.

(la suite dans le prochaine article)

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