26 août 2012

Jacques Cartier (partie 2)

Dans le dernier article on a vu comment Jacques Cartier en était venu à explorer notre coin de pays. Durant son premier voyage, à bord de deux navires, il était en train de s'aventurer dans le golfe du Saint-Laurent quand ils ont apperçu quelque chose d'assez étrange.

- Vous voyez ce que je vois? demanda un des hommes de Cartier.

- C'est un navire. Assez grand même. De réponde le navigateur.

- Et il bat pavillon Français en plus! Z'avez vu? Jamais je ne croirais que notre bon roi, ou pire, quelqu'un d'autre ait financé une deuxième expédition par ici...

- Ben le mieux c'est de leur demander.

Et là, les deux navires se sont assez approchés pour qu'on puisse s'entendre de vive voix.

- Mais qu'est-ce que vous faites par ici vous autres? A probablement demandé Cartier.

- C'est que, nous sommes en grand voyage de pêche et...

- Vous pêchez quoi au juste?

- Ben, de la morue.

- Et ça marche bien?

- Et comment que ça marche. On est rempli tout plein. C'est juste que, hum, hum, c'est que... *tousse* enfin... nous... Vous savez ou on est?

- M'enfin, vous allez pas me dire que vous êtes perdus?

- C'est gênant à admettre mais faut l'avouer. On ne sait fichtrement plus ou c'est qu'on est rendus.

- Et vous venez d'où, au juste?

- De La Rochelle.

- Ah, la Charente-Maritime, un peu frisquet à ce temps-ci de l'année mais quand même... (s'est probablement exclamé un marin. Probablement.)

- Bon écoutez, a dit Cartier, suivez-nous et on va vous montrer le chemin. A partir d'un lieu donné vous serez capable de vous débrouiller.

Après avoir dirigé le navire dans la direction générale de l'Europe, Cartier et son équipage se sont remis en route. A Gaspé ils sont débarqués un peu au large de la Baie des  Chaleurs. C'est là qu'ils ont fait la rencontre d'Amérindiens. Des Micmacs, plus précisément. La rencontre a été amicale et une certaine confiance s'est établie, assez pour se fassent quelques échanges «commerciaux». Enfin, je dis des échanges mais je crois que Cartier savait très bien de quel côté la balance commerciale penchait quand il échangeait des tissus et des couteaux contre de la fourrure. Imaginez entrer dans un commerce d'électronique de grande surface et d'échanger votre vieux grille-pain contre une télé plasma. Vous seriez pas mort de rire?



Faut pas s'indigner, parce qu'après tout la mission de Cartier en était une purement commerciale (les Indes). Il a planté sa fameuse croix le 24 juillet, prenant ainsi possession du territoire au nom de François 1er puis il est retourné à Saint-Malo au mois de septembre mais pas avant d'avoir convaincu Donnacona, le chef Iroquoien, d'amener avec lui ses deux fils (à Donnacona).

Cartier est reparti de Saint-Malo en mai 1535 mais cette fois avec trois bateaux, La Petite Hermine, La Grande Hermine (bateau de Cartier) et l'Émérillon (le plus gros des trois). Avec lui se trouvent les deux fils de Donnacona, Taignoagny et Domagaya qui parlent maintenant un français fort respectable mais sûrement avec un accent amusant.

Cartier laisse les deux fils avec leur père à Stadaconé (actuelle ville de Québec) ainsi qu'une poignée d'hommes qui vont préparer le premier hivernage. Cartier continue sur le Saint-Laurent à bord de l'Émérillon mais le bateau est gros et avec son tirant de 120 tonneaux (quand même) il ne peut passer le lac Saint-Pierre. En somme on peut considérer que Cartier a été chanceux de ne pas s'échouer avant parce que le Saint-Laurent n'est pas facile à naviguer en raison des nombreux haut-fonds. Sans compter que le fleuve n'est absolument pas cartographié. Il a dû continuer à bord de barques.

Yvon Deschamps, dans un de ses numéros, nous apprenait que Cartier était arrivé à Montréal par la rue Hochelaga mais des études ont prouvé que ce n'était pas le cas. On sait qu'il a débarqué (c'est le cas de le dire parce qu'il était à bord d'un barque) sur l'île de Montréal près d'une bourgade iroquoienne qu'il nomme incidemment Hochelaga. Il en profite également pour donner un nom à la colline qui se trouve pas loin: le mont Royal. 

Cartier et ses hommes visitent le village des Iroquoiens à quelque chose comme huit kilomètres. En passant prière ici de ne pas confondre les Iroquoiens avec les Iroquois, une confusion facile qui n'est pas sans en rappeler une autre comme les Anishinaabeg et les Algonquins (ha ha). Dans le village Iroquoien Cartier découvre certaines choses comme le tabac et, un peu plus tard, l'hiver canadien avec lrquel vient en bonus la maladie du scorbut. Malheureusement il y a des morts. Pas jojo le scorbut. Les amérindiens vont montrer à Cartier et ses hommes comment se soigner avec des infusions maison (certains parlent d'aiguilles et écorce de pin alors que pour d'autres ce serait plutôt un truc à base de cèdre blanc). 


En avril de l'année suivante, au dégel, Cartier repart pour la France avec à son bord le chef Donnacona, ses deux fils et sept autre Iroquoiens. Le voyage a certainement dû être impressionnant pour les amérindiens, surtout pif poil au milieu de l'Atlantique. quoiqu'il en soit Cartier est revenu à Saint-Malo en juillet 1536.

François 1er, qui a bien d'autres soucis, décide néanmoins de financer une troisième expédition mais cette fois ce sera Jean-François de la Rocque de Roberval qui sera en charge. Chercher de l'or et des pierres précieuses va, mais il est décidé d'implanter une colonie. Roberval branle dans le manche dans l'organisation de ses affaires et puis Cartier décide de partir sans lui. Donnacona ne sera pas du voyage car il est mort en 1539 sans avoir revu sa terre natale. Le chef Iroquoien aura tout de même été le premier amérindien à avoir tissé des liens diplomatiques avec les Français. Il est difficile de savoir à quel endroit il a été enterré; il pourrait être sous une rue du Vieux-Paris comme il pourrait aussi se trouver dans une fosse commune réservée aux amérindiens.

C'est durant ce voyage que Cartier se fera avoir avec les diamants ramassés près de Stadaconé et qui s'avèreront n'être que du pyrite et du quartz. Le nom de Cap Diamant restera, cepandant. Pendant tout son voyage Cartier ne voit Roberval nulle part. En fait, ce n'est que lorsqu'il arrive à Terre-Neuve qu'il le voit et Roberval lui dit de retourner dans le Saint-Laurent. Chose que Cartier ne fait pas puisqu'il retourne en France. 

Cartier prend sa retraite dans son manoir de Limoilou, pas très loin de Saint-Malo et il semble couler des jours paisibles. Enfin, jusqu'au 1er septembre 1557, parce qu'il meurt cette journée-là. On prétend dans certains cercles que c'est la peste qui l'aurait emporté. Il aurait été inhumé le jour même à Saint-Malo dans la cathédrale Saint-Vincent.

Quant à la colonie que devait mettre Roberval sur pied (avec des prisonniers libérés, no less) elle ne tiendra pas le coup; froid et famine feront qu'elle sera complètement évacuée en septembre 1543. Faudra attendre Samuel de Champlain bien des années plus tard. 

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