29 janvier 2012

Auto-Lite en 1953 (2)

Auto-Lite a déjà fait l'objet d'un article publié dans deux autres articles (ici et ici) et dont la publicité présentait un éventail plus élargi des produits de cette compagnie. Aujourd'hui il est question des bougies d'allumage. Le concept derrière cette publicité de 1953 est qu'il faut se méfier des "sosies". Un coup d'oeil rapide nous indiquerait que Dean Martin et Jerry Lewis endossent le produit mais en regardant et lisant attentivement on se rend compte qu'il ne s'agit pas du célèbre duo comique mais bien de sosies.

Celui qui se trouve à gauche et qui ressemble à Dean Martin est un certain Jim Ferris dont je ne suis pas parvenu à savoir grand chose malgré mes recherches. Celui à gauche et qui personifie Jerry Lewis est l'acteur montréalais Joby Baker qui était alors âgé de 19 ans lors de la prise de cette photo. Baker a connu une très intéressante carrière au cinéma et à la télévision, jouant entre autres dans Girl Happy (1966) avec Elvis Presley ainsi que dans le Dick Van Dyke Show. Baker a aussi été peintre et bon nombre de ses oeuvres se sont retrouvées dans les galeries d'art de Los Angeles.

A titre de comparaison, voici la photo originale de Dean Martin et Jerry Lewis qui fut utilisée pour créer celle qui apparaît dans la publicité:

22 janvier 2012

Knechtels en 1953


Durant les années 50 le minibar agençé dans un meuble élégant fut une pièce de mobilier très populaire. C'était évidemment de bon ton de recevoir des invités et de leur servir toute une variété de boissons à partir de ce genre de meuble. Ceux en vedette dans cette publicité de 1953 ne font certainement pas exception. On peut d'ailleurs admirer la version vitrée et l'autre plus discrète.

Knechtels est une compagnie dont les origines pourraient remonter à 1864 quand Daniel Knechtels quitta la demeure familiale à Waterloo en Ontario pour aller s'établir dans l'ouest de la province. Avec les outils qu'il transportait dans son sac il commença à fabriquer des meubles et autres produits variés en bois. Après quelques années il acheta une petite usine et commença à employer des ouvriers.

En 1874 une nouvelle usine fut construite et le nombre d'employés passa d'une douzaine à près de trente. Dix ans plus tard la première usine en brique fut bâtie et diverses améliorations furent apportées au fur et à mesure que les finances le permettaient. Un feu détruisit le tout le 20 décembre 1900 mais l'usine fut reconstruite et la production repartit de plus belle.

Daniel Knechtels mourrut en 1936 à l'âge vénérable de 93 ans, laissant la présidence de la compagnie qu'il avait fondée à son fils Jacob. Celui-ci décéda à son tour en 1938, lèguant la présidence à son fils Karl. Selon toute vraisemblance la compagnie aurait existé jusqu'en 1983.

15 janvier 2012

L'église Sainte-Anne

Le milieu du 19è siècle amène son lot d'immigrants à Montréal, des Irlandais en majeure partie, qui s'installent dans un coin que l'on connaît sous le nom de Griffintown. Ils forment l'essentiel de la force ouvrière de ce secteur. Les maisons qu'ils habitent sont rudimentaires, construites en bois et réduites pour la plupart à leur plus simple expression. Elles sont souvent tassées les unes sur les autres et se retrouvent bien souvent à proximité d'une usine. La vie de quartier se passe sous la fumée des grosses cheminées industrielles avec en prime tout le boucan qui vient avec. 

Vue d'une partie de Griffintown à la fin du XIXè siècle. Au premier plan dans le centre on voit l'église Sainte-Anne, le canal Lachine juste derrièreet plus loin le fleuve Saint-Laurent et le pont Victoria.

Mais faut pas se le cacher, Griffintown c'est un coin pauvre, très pauvre. Les maisons n'ont même pas de toilettes intérieures alors les gens doivent utiliser la fameuse bécosse (de l'anglais back house). Les égoûts? Pensez-y même pas. Sauf peut-être lors de l'innodation de 1886, dont je vous ai déjà parlé, et qui a fait se déborder toutes les bécosses qui ont transformé les rues en égoût à ciel ouvert.

Les Irlandais, très catholiques, pouvaient toutefois compter sur le clergé de l'église Sainte-Anne pour les aider dans l'adversité. Le magnifique bâtiment fut construit tout près du canal Lachine en 1854 et faisait partie intégrante de la vie communautaire. L'église parvenait d'ailleurs à fournir des vêtements et de la nourriture à ceux dans le besoin.

L'église Sainte-Anne, bien avant les automobiles.

C'est durant le 20è siècle (évidemment) que les choses ont changé. Et pas pour le mieux pour cette église. Les habitants de Griffintown dépendaient largement des usines situées le long du canal Lachine pour vivre mais les conditions économiques de l'après-guerre, tout comme l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent se sont conjugués pour faire disparaître pas mal d'emplois.

En 1963 le maire Jean Drapeau, qui avait en horreur les vieux quartiers, décida tout simplement de faire disparaître Griffintown. Il commença par changer le zonage résidentiel pour un zonage industriel. Ce faisant, la construction de résidences était maintenant interdite. Beaucoup de résidents avaient quitté le quartier pour s'établir ailleurs mais d'autres avaient décidé de rester malgré tout.

En 1967 une armée de bulldozers arrive et détruit tout sur son passage pour faire place à la construction de l'autoroute Bonaventure. Ceci en prévision de l'Expo. Outre l'autoroute on préparait aussi de la place pour l'Autostade et de grands espaces de stationnements. Griffintown venait se faire couper littéralement en deux.

Carrément saignée de ses paroissiens, l'église Sainte-Anne n'a pas pu subvenir à ses besoins bien longtemps. Les bulldozers sont donc revenus, certainement à la grande joie du maire Drapeau, et on a démoli l'église, tout simplement. 

Le parc, vu du haut des airs. On voit très bien les fondations de l'ancienne église.

Que reste t-il de l'église Sainte-Anne aujourd'hui? Assez curieusement, plutôt que de bâtir des condos on a aménagé un espace vert qui porte le nom de parc Griffintown-St-Ann où l'on a laissé une bonne partie des fondations originales de l'église. Dans ces ruines on a installé des bancs de parc quelque peu orientés comme l'étaient les bancs d'église dans le temps. On peut y voir un bout d'escalier par-ci, des morceaux de pierre avec bas-reliefs par-là. Et bien entendu, une plaque près de ce qui fut l'entrée et qui explique un peu ce qui fut là dans le temps. Voici d'ailleurs quelques photos du parc et ses vestiges, prises en 2010.





9 janvier 2012

Honeywell et le rhume en 1953



Voici une publicité de 1953 qui est très certainement un exemple très probant d'une vieille légende urbaine qui a eu la vie très dure; celle qui voulait que la température froide soit responsable du rhume. La science moderne nous a évidemment permit d'apprendre que cette croyance était évidemment fausse. Le rhume, comme on le sait maintenant, se propage davantage l'hiver à cause de nos comportements, comme le fait que nous passons beaucoup plus de temps à l'intérieur et que nous vivons davantage dans une certaine promiscuité que durant la belle saison.


Ceci dit, il est tout à fait loufoque et ma foi presque hilarant de voir ce vaillant monsieur bien alité comme s'il était à l'article de la mort alors que le rhume est, chez l'adulte une maladie bénigne qui se guérit presque spontanément. Allez pantouflard, bois du liquide et prend une aspirine ou deux. Lèves-toi et marche! Ah, et quand tu seras debout, fais donc poser un de ces thermostats Honeywell, à défaut de t'empêcher de chiper un autre petit rhume celà rendra la maison juste un petit peu plus confortable. Et ne monte pas le thermostat trop haut parce que l'air sec favorise les rhumes et on ne voudrait pas qu'un vaillant chef de famille comme toi se retrouve encore à l'agonie, pas vrai?

Honeywell, fondée en 1906 par Mark C. Honeywell, est une compagnie qui existe encore aujourd'hui et bien qu'elle ait été acquise en 1999 par AlliedSignal, une compagnie beaucoup plus grosse, le nom d'Honeywell fut conservé. Les thermostats Honeywell ont acquis une telle notoriété qu'on en retrouve exposés au Smithsonian. Ils sont d'ailleurs toujours fabriqués, quoique sur une facture évidemment moderne.

http://yourhome.honeywell.com/home/Products/Thermostats/SummaryList.htm

1 janvier 2012

Bonne année 2012

Pour 2012 qui commence je vous propose aujourd'hui quelques images du passé qui marquaient elles aussi, le passage d'une nouvelle année.