25 février 2012

Prince Régent en 1953



Prince Régent est un whisky qui fut distillé par la distillerie Gooderham & Worts, laquelle fut fondée en 1869 par James worts et son beau-frère william Gooderham. Dans la deuxième moitié du 19è siècle la compagnie devint l'un des plus gros employeurs de Toronto et produisait la moitié de tout l'alcool fabriqué au Canada. A l'approche du 20è siècle les affaires se sont avérées moins bonnes alors que les gens consommaient davantage de bière et de vin mais la prohibition (Ontario Temperance Act) qui prit effet en 1916 fit beaucoup de mal à la compagnie qui compta alors sur l'exportation vers le Québec. En 1923 la compagnie fut acquise par Harry C. Hatch en 1923 pour la somme de $1.25 millions de dollars. Le même Hatch fit plus tard, en 1926, Hiram Walker & Sons, une autre grosse distillerie.

En 1987 la compagnie fut vendue à des intérêts britanniques, Allied Lyons, laquelle fit fermer la distillerie Gooderham & worts en 1990. Allied Lyons devint Allied Domecq en 1994 lorsque celle-ci fusionna avec Pedro Domecq. En 2005 Pernod Ricard se porta acquéreur de Allied Domecq en 2006 et vendit certaines marques de spiritueux à Fortune Brands et au géant britannique Diageo.

Vous êtes étourdi? Moi aussi.

Mais qui était le Prince Régent? Il faut d'abord réaliser qu'un Régent est d'abord et avant  tout une personne titulaire d'une régence; soit une personne qui exerce la charge de  souverain d'un État quand le titulaire est incapable d'accomplir ses tâches soit en raison de son jeune âge ou encore parce qu'il est en voyage hors du pays. Aussi, Régent est un nom
de famille assez répandu en France...

Est-ce que le Prince Régent, ici mentionné serait George IV qui apparaît dans la Revue des
Deux Mondes au chapître 2 à la page 557 (Les souvenirs du médecin de la reine Victoria - Le procès et la mort de la reine Victoria) où il est appelé effectivement le premier gentilhomme de l'Europe en raison de son intelligence et son comportement distingué? On ne trouve cepandant aucune mention dans le livre à l'effet que Goerge IV aurait pratiqué un tant soit peu l'art de la fauconnerie.

Dans le livre Les Fouilles de Fourvière, publié en 1913-14, on mentionne aussi un Prince Régent, premier gentilhomme d'Europe, qui aurait fait savoir à Jane Austen qu'il avait  beaucoup d'admiration pour son oeuvre et qu'il se serait jugé très honoré si l'auteure voulait bien lui dédier un de ses romans. Enfin, rien n'est véritablement clair à ce sujet. 

Cette publicité parut en avril 1953. Le 29 avril de ce mois on évita de justesse une catastrophe dans l'est de Montréal quand un violent incendie prit naissance dans un immeuble sur le terrain de la pétrolière Canadian Oil, près de l'intersection des rues Cadillac et Notre-Dame. Le feu menaçait de faire exploser  près de neuf immenses réservoirs de 700,000 litres chacun.  Le travail acharné de plus de 225 pompiers a pu empêcher le pire.

22 février 2012

Elastoplast en 1953

(Cliquez pour agrandir)

Qui ne se souvient pas dans son enfance être tombé en jouant ou en faisant de la bicyclette? La plupart du temps ce n'étaient toutefois que des éraflures qui n'étaient pas bien graves. Certains enfants se faisaient simplement badigeonner la blessure avec du mercurochrome alors que pour d'autres, rien ne valait le bon vieux sparadrap, que personne ne connaissait sous ce nom mais plutôt sous celui de "plaster" (qui en anglais veut dire "plâtre"). Et quel plaisir d'enlever ceux dont l'adhésif avait un peu trop collé. On l'enlève vite ou lentement? Crie pas comme ça tu vas réveiller les morts! Même mononcle Alfred? Non, lui il a toujours dormi très dur.
 
Si Elastoplast fut développé par la compagnie Smith & Nephew en 1928, le sparadrap (mot que j'ai appris en lisant "Vol 714 pour Sydney" croyez-le ou non) n'était pas une invention récente, même à l'époque, puisque la première version de ce produit fut initialement inventée par le docteur Français Alphonse Guérin en 1870. C'est toutefois Carl Paul Beiersdorf qui en déposa le premier brevet en 1882 et en 1920 Earle Dickson, alors employé de Johnson & Johnson, mis au point une version plus proche de celle que l'on connait aujourd'hui et qui fut commercialisée sous le nom de Band Aid. Les pansements Elastoplast sont toujours disponibles aujourd'hui quoique fabriqués par la compagnie allemande Beiersdorf.

http://www.fr.elastoplast.ca/

18 février 2012

Le recrutement du C.A.R.C. en 1953

Lors de la parution de cette annonce en avril 1953 la guerre de Corée n'est pas encore terminée (l'armistice ne se signera qu'en juillet) que déjà s'annonce une période d'agitation géopolitique que l'on nommera la Guerre Froide où se mesureront deux géants aux idéologies diamétralement opposées: les États-unis et l'Union Soviétique.
 
A ce moment le Canada a joint les rangs de l'OTAN depuis maintenant quatre ans et le CARC prend possession d'un nouveau type d'avion, le Avro CF-100 Canuck, lequel s'ajoute au CL-13 Sabre en opération depuis 1951. Cette publicité représente essentiellement l'effort de recrutement du gouvernement canadien afin de grossir les rangs du CARC dont les bureaux à Montréal étaient situés 678 Ste-Catherine ouest, tout juste à droite de l'édifice de la Banque de Montréal. Cet effort, conjugué avec le conflit en Corée, permit au CARC de
compter, tous grades confondus, sur 54,000 employés en 1954.

Le AVRO CF-100.

Le Canadair CL-13 Sabre.

12 février 2012

Calvert House Whisky en 1953



Le whisky canadien Calvert House était un whisky selon toute apparence distillé par Calvert, comme cette publicité de 1953 l'indique, mais en réalité c'était Seagram. Cette compagnie au nom connu opérait sous le nom de Joseph E. Seagram & Sons et fut rachetée en 1928 par Distillers Corporation Limited. La compagnie prit alors le nom de Seagrams Company.

En 1934 Seagrams, propriété de la famille Bronfman, fit l'acquisition de Maryland Distillers, laquelle était basée, on l'aura facilement deviné, au Maryland. C'est à cet endroit que l'on fabriquait un whisky même pas vieilli et qui portait le nom de Lord Calvert Whiskey. Sam Bronfman était alors assez déterminé à faire du whisky «cheapo», caractéristique de la Prohibition, une chose du passé. Au fil du temps on en est venu à faire de Lord Calvert une marque de whisky premium. Quand même intéressant de considérer que Calvert était considéré comme une marque séparée de Seagrams avec son propre réseau de ventes et distributions. 


En 1991 Seagrams a vendu la marque Lord Calvert à la compagnie américaine bien connue Jim Beam. Toutefois, Calvert ne semble plus figurer dans le catalogue de la compagnie. Ainsi, les seules bouteilles de whisky Calvert encore existantes seraient celles se trouvant chez les collectionneurs et amateurs. 

Quant à Seagrams, basée à Montréal, la compagnie cessa ses opérations vers 2000 et les actifs furent acquis entre autres par d'autres compagnies comme Diageo, PepsiCo et Pernod Ricard.


5 février 2012

Griffintown au début du XXè siècle

En 1903 William McFarlane Notman, fils célèbre photographe william Notman et très bon photographe lui-même, prend plusieurs clichés dans Griffintown pour le compte d'un certain monsieur Meredith. Les résidents de Griffintown, on le sait bien, ont été parmis les plus pauvres de Montréal, c'est bien connu mais ce qui est intéressant ici c'est justement de voir quel était cet environnement dans lequel ils vivaient.

Fig. 1: Rue de l'Aqueduc, 1903. Crédit photo: Musée McCord

Comme on peut le voir, le luxe n'est pas au rendez-vous. Cette maison (fig.1) sur la rue de l'Aqueduc est réduite à sa plus simple expression. Hormis la cheminée, elle est entièrement faite de bois, la brique même si elle était bon marché, était trop dispendieuse pour ces gens. Le terrain, visiblement en pente, a fait travailler la structure de la maison qui compte au minimum trois locataires; deux au rez-de-chaussé dont les portes se situent à gauche et à droite, et un autre en-haut dont l'entrée est au milieu. La rue est terre battue et les troittoirs en bois. Les fils électriques qui passent en-haut ne servent pas à alimenter les maisons, qui n'en ont pas, mais bien le réseau de la Montreal Street Railways, dont la centrale au charbon n'était pas très loin.

Fig. 2: Rue Barré, 1903. Crédit photo: Musée McCord
Une autre demeure de bois (fig. 2) dont la cheminée, si elle existe, se trouve probablement derrière. Ses bardeaux, tout comme la toîture, ont vu de meilleurs jours. Deux familles y logent; l'une en-bas et l'autre en-haut. On remarque aussi l'absence complète de fondations, la maison semble reposer directement sur le sol. On remarque encore ici les fils électriques de la Montreal Street Railways.

Fig. 3: Rue Barré, 1903. Crédit photo: Musée McCord

La pauvreté de Griffintown ne pourrait pas mieux s'exprimer que par cette maison (fig. 3) sur la rue Barré. Sa structure entièrement de bois semble vouloir s'afaiser de par la toîture. Les planches de bois sur le devant semblent se tordre et la cheminée en pierre n'inspire visiblement pas confiance. Une porte rudimentaire donne accès à une cour sans aucun doute très petite. Cette maison, comme les autres du quartier, n'avaient aucune isolation et les hivers rigoureux devaient être assez éprouvants. Quelques autres détails attirent l'attention; il y a les nombreux fils de la Montreal Street Railways à l'arrière et l'autre maison derrière, dont on se demande si l'échelle posée sur la cheminée n'a pas été plaçée là pour empêcher cette dernière de tomber.

 Fig. 4: Rue Barré, 1903. Crédit photo: Musée McCord


Toujours sur la rue Barré on apperçoit ici une maison (fig. 4) d'allure coquette faite de bois et de bardeaux qui compte une cheminée en pierre de taille. Son «luxe» apparent est ici un balcon avec rampe. Cepandant j'ose imaginer qu'en raison de la forte dénivellation de ce dernier, se bercer était hors de question. Ou, à tout le moins, tout un sport. Au deuxième étage de la maison voisine une personne regarde le photographe à l'oeuvre où peut-être les fils de la Montreal Tramways Company en se disant que ce serait bien d'en avoir un peu de cette électricité...

Fig. 5: Arrière de maison, rue Barré, 1903. Crédit photo: Musée McCord

Voici la même maison mais vue de l'arrière et ici quelques éléments deviennent rapidement intéressants. On peut voir une sorte de remise dont le toît légèrement en pente est transpercé d'une longue cheminée. De cheminées de ce type étaient souvent utilisées par des forgerons afin d'éviter que des étincelles ne sortent pour aller mettre le feu partout. Le tonneau, qui n'est pas là pour récupérer l'eau de pluie, laisse deviner qu'il était utilisé pour y tremper des pièces de métal chauffées. Il y a fort à parier que l'on y ferrait probablement les chevaux et d'ailleurs on comptait sur la rue Barré deux forgerons; Alfred Normandeau et John Fitzpatrick, se pourrait-il qu'il s'agisse ici de la maison de l'un des ces deux-là? L'adresse de la maison, au-dessus de la porte sur la photo précédente, est malheureusement trop petite pour pouvoir la déchiffrer avec exactitude. Mon interprétation est donc purement spéculative.

Fig. 6: Rue Barré, 1903. Crédit photo: Musée McCord


Ssur la rue Barré également voici qu'apparaît cette petite maison (fig. 6) que l'on pourrait qualifier d'unifamiliale. Faite en bois elle aussi elle est toutefois dotée d'une toîture en fer et d'une large cheminée. Elle semble en meilleure condition que les autres malgré un gonflement du mur sur le côté. Derrière on peut apperçevoir un bâtiment complètement en brique avec fondation de pierre. Hormis deux maisons près de la rue Lusignan, toutes les résidences de la rue Barré ont disparu.

1 février 2012

Une charmante oubliée

Le cinéma a connu bien des périodes depuis son invention et il s'est trouvé tout au long de celles-ci de nombreuses actrices qui ont connu de très belles carrières et certaines sont même devenues de véritables icônes. Dans les années 50 on peut penser par exemple à Marilyn Monroe, Grace Kelly ou encore Audrey Hepburn (que j'adore personnellement).

Les années 40 nous ont permis d'admirer les Veronica Lake, Ava Gardner, Hedy Lamarr, Susan Hayworth, ou Lauren Bacall, pour n'en nommer que quelques unes. Plus loin encore les années 30 ont été celles de Jean Harlow, Carole Lombard, Greta Garbo, Mae West et Fay Wray.  

Mais pour les années 20, celles du cinéma muet, la liste est un peu moins exhaustive. Les cinéphiles avertis pourront fort possiblement citer Louise Brookes ou Clara Bow mais la majorité des gens seraient possiblement embêtés de nommer une actrice, autre que Mary Pickford, qui fut célèbre durant cette période. C'est pourquoi j'ai décidé aujourd'hui de vous parler d'une de ces actrices méconnues et qui est, avec Audrey Hepburn, l'une de mes préférées.

Une toute jeune Juanita.

Faites la connaissance de Juanita Horton, une charmante jeune fille née en 1898 au Texas. Elle y serait probablement demeuré si ce n'aurait été de son père qui décida de déménager toute la famille à Los Angeles où il entreprit une carrière en chiropratie. Elle reçut, comme cadeau de graduation de la part de ses parents, un voyage autour des États-Unis qui dura quelque chose comme six mois après quoi elle revint à Los Angeles.

L'élégance d'une époque révolue.
A ce moment-là de plus en plus de studios de cinéma s'établissaient dans un disctrict de la ville récemment annexé et qui portait le nom d'Hollywood. La mère de Juanita décida alors d'inscrire sa fille aux studios Biograph, établis depuis 1895, afin qu'elle puisse devenir une actrice.

Des traits tout en douceur. 
C'est à ces studios que Juanita fit la rencontre d'un des pionniers d'Hollywood: D.W. Griffith lequel remarqua rapidement cette jeune fille toute menue d'à peine 5 pieds aux des traits délicats et au demeurant fort jolie, qui démontrait aussi beaucoup de talent. C'est alors que Griffith entreprit de faire changer le nom de Juanita en celui de... Bessie Love.

Griffith lui offrit un petit rôle pour commencer dans le film Intolerance en 1916 et commença à connaître une certaine popularité, assez pour jouer aux côtés de nul autre que Douglas Fairbanks dans le film Reggie Mixes In et The Good Bad Man en 1916 puis, la même année, dans The Aryan avec William S. Hart.

 En tenue des grandes soirées. Quel style!

Bessie fit ensuite le saut aux studios Vitagraph et, sa popularité augmentant, commença à jouer dans des productions plus importantes où elle obtint des rôles plus matures comme Those Who Dance en 1924. Elle fut d'ailleurs la première actrice à danser le Charleston dans un film (The King of Main Street) en 1925 et parut dans Dress Parade où elle offrit une de ses meilleures performances. En 1929 elle reçut une nomination aux Academy Awards qui eurent lieu pour la première fois cette année-là pour son rôle dans The Broadway Melody.








D'autres films ont suivi dont Chasing Rainbows en 1929, Good News et They Learned About Women en 1930 mais quelques années plus tard sa carrière était en plein déclin et c'est alors qu'elle décida de s'en aller en Angleterre où elle obtint la citoyenneté britannique. Elle était alors mariée au producteur William Hawks, avec lequel elle eut une fille prénommée Patricia, mais divorca en 1935 pour ne plus se remarier du tout. A l'approche de la Seconde guerre Bessie revint aux États-Unis où elle travailla pour la Croix Rouge. Dès le conflit terminé elle retourna en Angleterre où il apparut dans diverses productions tant britanniques pour ensuite faire des sauts de puce aux États-Unis pour des films américains, comme The barefoot Contessa en 1954, mais toujours dans des petits rôles.

Ma photo favorite de Bessie.

En 1977 Bessie publia une autobiographie intitutlée From Hollywood With Love dans laquelle elle relate sa vie hollywoodienne ainsi que la période qui suivit. Elle apparut en 1981 dans trois films, soit Ragtime avec James Cagney, Reds avec Warren Beatty et Lady Chatterley's Lover. Sa dernière apparition cinématographique fut en 1983 dans The Hunger avec David Bowie, Susan sarandon et Catherine Deneuve.

Bessie passa les dernières années de sa vie dans sa résidence londonienne où elle mourrut de causes naturelles le 26 avril 1986 à l'âge vénérable de 87 ans. Elle fut incinérée au Breakspear Crematorium et une petite plaque sur un cèdre indique l'emplacement où reposent ses cendres.

 Son étoile sur le Hollywood Walk of Fame.