31 mars 2012

En avance sur son temps en 1953

Le modèle que l'on voit dans cette publicité est le Commander Starlight et lorsqu'il est arrivé sur le marché en 53 les gens ont pouffé de rire, trouvant que le véhicule était assez bizarre. Peut-être à cause de son allure européenne? De sa taille définitivement plus petite que les monstres de Détroit à l'époque? qui sait. Aujourd'hui c'est une autre histoire puisque le Starlight, tout comme son frèrot Starliner (de la même année) sont considérés comme étant parmis les plus belles voitures américaines a avoir émergé des années 50. Bien que le design soit attribué au légendaire Raymond Loewy, c'est un membre de son équipe, Robert Bourke qui le conçut.

L'annonce ne ment pas; la Studebaker 53 a réellement été lauréate d'un concours d'élégance organisé par le prestigieux Fashion Academy de New-York où elle a gagné la médaille d'or. Visiblement, la Studebaker 53 était en avance sur temps.



29 mars 2012

Une ressemblance étonnante

La jeune actrice de 22 ans Lily Collins a été récemment photographiée par Robert Erdmann pour le magazine Tatler dans un hommage à la grande Audrey Hepburn telle qu'elle était lorsqu'elle amorça sa carrière cinématographique en 1953. La ressemblance entre les deux est carrément à s'y méprendre et j'ose espérer que l'on confiera un jour à Collins le rôle d'Hepburn.




24 mars 2012

Le détergent Dreft en 1953


Avec cette publicité pour le savon à vaisselle Dreft nous voilà replongé en 1953 et l'élément vendeur dans cette publicité est le mot en bleu pâle: lanoline. On explique pas grand chose ici sur ce que peut-être ce truc. Ca vient d'où et pourquoi le fait que Dreft est le seul savon à en contenir peut bien le différencier des autres, où le rendre meilleur. Faites la rencontre d'un producteur de lanoline:



On connaît tous les propriétés des plumes d'oiseaux comme le canard qui sont recouvertes d'une huile imperméabilisant celles-ci et lui permettant de flotter. Le même principe s'applique ici avec le mouton (et tous les animaux ayant de la laine). La lanoline est essentiellement une substance cireuse jaunâtre secrétée par les glandes sébacées de ces animaux. Le rôle de la lanoline est de protéger la laine et la peau contre les ravages du climat et de l'environnement, il n'est donc pas étonnant de voir que la lanoline est largement utilisée dans toutes sortes de produits servant à la protection et au traitement de la peau. Donc, la présence de la lanoline dans ce savon à vaisselle est présentée comme étant bénéfique pour les mains.

Le savon à vaisselle Dreft a fait son apparition en 1947 mais le nom était déjà connu depuis
1933 puisque Proctor & Gamble avait commercialisé en cette année-là un savon à linge du même nom. bien qu'il soit indiqué en très très petites lettres au bas de l'annonce à droite que le savon était fabriqué au Canada, il ne l'était pas à Montréal puisque Proctor & Gamble n'avait ici qu'un bureau, situé en 1953 au 710 Carré Phillips et dont le gérant était Robert Goudreau.

Aux Etats-Unis le savon Dreft est toujours fabriqué mais je ne sais pas s'il est toujours disponible ici au Canada.

http://www.dreft.com/

18 mars 2012

Les poêles Gurney en 1953


Vous avez déjà probablement vu ces anciens poêles en fonte que l'on retrouvait anciennement dans les chaumières du Québec. Ils étaient évidemment très beaux dans leur style rustique mais pouvoir demander à une mère de douze enfants à l'époque si elle aimait son poêle vous aurait probablement valu une méchante paire d'yeux. Ils étaient diablement lourds, pas toujours faciles à utiliser et encore moins à nettoyer. 

C'est pour cette raison que les manufacturiers d'appareils ménagers se tournèrent dans les années 30 vers des gens spécialisés dans le design industriel afin d'améliorer l'apparence, la fonctionalité et la performance de ces appareils. Le changement ne se fit évidemment pas du jour au lendemain et connut son plus grand essor après la Seconde Guerre.

Le design industriel était une impulsion créatrice qui dépendait de critères économiques, techniques, esthétiques et fonctionnels afin de pouvoir d'en arriver en bout de ligne avec une gamme de produits originaux. Ces nouvelles créations étaient intimement liées à la publicité, comme celle d'aujourd'hui, contribuèrent à accroître la consommation de produits manufacturés. Entre autres, on vit apparaître une certaine forme de standardisation entre les différents appareils, créant une forme d'harmonie tant visuelle que fonctionnelle.
 
Le four Gurney que l'on voit ici dans cette publicité de 1953, quoique très élégant, est une inspiration directe des designs de Raymond Loewy, l'une des figures les plus représentatives du design industriel et à qui l'on doit le fameux réfrigérateur Coldspot qu'il avait conçu dans les années 30. Loewy avait d'ailleurs signé le design d'un poêle Frigidaire à la fin des années 40 et qui, à très peu de choses près, y ressemble énormément.

On apperçoit ici la facture moderne du poêle, soit un assemblage de plaques d'acier soudées vernissées de porcelaine blanche et agrémenté de pièces chromées. Celui que l'on voit est le modèle au gaz bien que Gurney en fabriquait aussi qui fonctionnaient à l'électricité.

Cette publicité est très caractéristique des années 50 avec la représentation typique de la femme modèle de ces années-là; impeccablement coiffée, souriante et capable de concocter d'appétissants plats en un tournemain, image qui sera évidemment démolie dans les années qui suivront.

11 mars 2012

Lamorene en 1953


S'il y avait un élément de décor qui signifiait l'excellence du confort au foyer durant les années 50 c'était très certainement le tapis. Toutefois, comme n'importe quel surface de plancher, le tapis a besoin d'être nettoyé une fois de temps en temps. Si votre maison aurait été pourvue de tapis en 1953, l'année à laquelle parut cette publicité très intéressante, il y a fort à parier que vous auriez utilisé le produit-vedette d'aujourd'hui: le nettoyeur de tapis Lamorene.

Évidemment en regardant le produit en question il y a lieu de se poser quelques questions, surtout en apperçevant le balai... Alors qu'est-ce que c'est que ce truc et comment ça fonctionne exactement?

Vous voilà donc dans votre salon prêt à nettoyer votre grand tapis qui en a bien besoin. Évidemment vous avez prit soin de tasser les meubles. Comme c'est une corvée qui n'est pas exactement très intéressante vous avez sorti votre tourne-disque et y avez déposé le 78-tours de l'heure, That's Amore du chanteur Dean Martin.

Entre les mains vous avez une bouteille en verre de Lamorene, un produit pour nettoyer les tapis. Vous ouvrez le pot et êtes surpris de voir que le produit à l'intérieur ressemble à de la sciure de bois. En réalité il s'agit d'un composé de fibre de cellulose auquel on a ajouté un certain nombre d'ingrédients ayant des propriétés nettoyantes. Comme indiqué, vous saupoudrez le produit sur le tapis comme du fromage parmesan. Vous attendez un peu puis, avec un balai, vous vous mettez à brosser. La saleté s'étant collée au Lamorene elle peut alors être ramassée plus facilement. Et voilà le travail.

Enfin, c'est comme ça que l'on s'imagine le travail si on se fie à cette publicité. Mais est-ce le produit fonctionnait exactement comme mentionné ou bien s'agissait-il d'une poudre de perlinpinpin? C'est justement la question que se posa le Reader's Digest au début des années 50 et afin d'en avoir le coeur net, décida d'envoyer le produit à une compagnie spécialisée dans l'évaluation des produits, la York research Corporation basée à Stamford au Connecticut. Les résultats furent éclatants car la compagnie affirma qu'après avoir testé plus de 100 produits sur 1000 tapis il s'avèra que Glamorene (c'était son nom aux États-Unis) était définitivement le meilleur. C'est ce qui explique le sceau que l'on apperçoit en bas de l'annonce à droite.

Le Digest prépara incidemment une publicité de trois pages pour leur magazine qui tirait alors 15 millions d'exemplaires par mois. De Witt Walace, le propriétaire et éditeur du Digest prit toutefois la peine d'avertir la compagnie de se préparer puisqu'il serait fort probable que la demande pour Glamorene serait assez considérable.

Wallace eut-il raison? Et comment! La compagnie ne parvint pas à fournir à la demande et les ventes explosèrent alors qu'il se vendait pour pour plus d'un millions de dollars de Glamorene par mois.

Il y eut cepandant une sérieuse ombre au tableau lorsqu'un employé de la compagnie aérienne Pan American affecté au nettoyage des tapis d'avion fut trouvé mort après avoir vraisemblablement inhalé de l'hydrocarbone halogéné provenant de trichloréthylène, l'un des composants de Glamorene. enfin, c'est ce qu'indiqua le rapport du coroner. L'histoire fit boule ne neige et le département de santé publique de San Francisco eut tôt fait de bannir Glamorene.

Wallace du Digest, demanda au vice-président de la York Research, Warren C. Hyer de se rendre à San Francisco avec des toxicologistes jouissant d'une grande réputation aux États-Unis afin de fouiller le fond de cette histoire. Il s'avèra que le nettoyeur n'avait pas inhalé un composant de Glamorene mais bien du tétrachlorure de carbone, un truc qui ne se retrouvait même pas dans le Glamorene. Suite à cette découverte la compagnie qui fabriquait le Glamorene entreprit une campagne publicitaire d'un demi million de dollars et Glamorene retrouva la voie du succès commercial. Enfin, jusqu'a l'apparition des aspirateur munis de balais motorisés, les fameux power-nozzles. Quant à Lamorene il n'est plus disponible depuis plusieurs années. Moins visible, sous la photo, se trouve une mention quant au fabricant du tapis que l'on voit; il s'agit du modèle Carvercraft Broadloom de Harding Carpets Limited, une compagnie de Brantford en Ontario et qui n'existe plus aujourd'hui.

3 mars 2012

Simpsons 1950

Je vous propose aujourd'hui quelques pages d'un catalogue de ma collection. Il s'agit d'un catalogue petit format qui fut publié par Simpsons en 1950 et qui, comme les autres, n'avait jamais été conçu pour être conservé bien longtemps. bien souvent il pouvait même servir à recueillir les épluches de patate.

Si celui-ci est relativement en bonne condition les pages sont passées du blanc au brun-beige (ça, c'est à cause de la lignine dans le papier). Un petit tour de passe-passe au numérique et voilà que les pages du catalogue retrouvent un peu de leur jeunesse. Comme du botox, sauf que ça reste souple. 
 

Ce que nous avons ici est assez intéressant. D'abord, il faut vous ôter de l'idée que le recouvrement est fait avec du papier-peint. Ce qui n'est pas le cas. Du tout. Une tapisserie, dans son sens original, désigne du tissu brodé avec des motifs décoratifs. Comme un tapis mais qu'on accrochait au mur. D'où le nom. 

L'ensemble, tel que vu, est une bonne affaire. On obtenait deux fauteuils à ressorts, trois tables de fantaisie, deux lampes avec abat-jour et deux jolis coussins. On pouvait aussi choisir le canapé ordinaire ou avec divan-lit. Pour le même prix. Ah, parlons-en du prix. Je vous vois sursauter. 

Quoi? Seulement $169.50??

Comme toujours, il faut comprendre que que le montant affiché, même s'il est foutument bon marché, s'inscrit dans l'économie de ce temps-là. Aujourd'hui, en tenant compte de l'inflation, ce même ensemble vous reviendrait à $1 690,80 en dollars ajustés. Certainement une petite différence mais en revanche c'est des meubles fabriqués au Québec, conçus pour durer longtemps. 


Oui madame (et monsieur). Un beau set de chambre à coucher. En merisier canadien avec fini en noyer. Même le matelas et le sommier sont inclus. Par contre, avec 48 pouces de largeur pour le lit... Heureusement on peut aussi l'avoir avec 54 pouces. Le prix de $89.95 est plus que raisonnable. Avec un paiement initial de $14.50 les mensualités sont aussi basses que $8.25. Aujourd'hui cet ensemble vaudrait $897,27. Le paiement initial reviendrait à $144,64 et les mensualités de $8.25 seraient de $82.30.