30 juillet 2012

La bière Kébec en 1963


Tiens, voici une autre bière brassée par la fameuse Dow: la bière Kébec. Pour l'orthographe on fait ici référence au mot algonquin Kebec qui veut dire «là où le fleuve se rétrécit», quoique certains spécialistes avancent qu'il s'agirait plutôt d'une adaptation du mot Kebic, désignant les Montagnais qui vivaient non loin de là.

Chose certaine il semble que la Kébec n'ait pas fait long feu sur les tablettes du Kébe... pardon Québec.

Cette publicité de 1963 tente de flatter les Canadiens français avec une illustration nous montrant des personnages de la Nouvelle-France. Belle tentative, mais un peu de recherche aurait permis aux publicitaires qui ont pondu ce truc que les habitants de la Nouvelle-France n'avaient que très peu d'affection pour la bière, préférant nettement, et de loin, les vins et spiritueux. Jean Talon avait bien ouvert une brasserie en 1668 mais il dût la fermer quelques années plus tard. Faudra attendre John Molson pour que la bière gagne en popularité.

24 juillet 2012

Accident de tramway en 1959

 Ça se passait le 5 janvier 1950. M. Hébert, employé de la laiterie Borden venait de quitter le garage de la compagnie sur la rue Murray dans Griffintown. Il était 9:18 du matin quand il emprunta la rue William pour ensuite croiser Colborne* mais il le faisait juste comme le tramway du circuit 58 passait. Peut-être n'a t-il pas vu le tramway arriver ou encore croyait-il qu'il aurait le temps de passer. 

Aux commandes du tramway le garde-moteur Alexandre Pronovost aperçut le camion devant lui mais ne pu freiner à temps. La collision fut inévitable et le camion, dont la grosseur et le poids n'avaient rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, fut projeté sur la chaussée et toute la marchandise se répandit un peu partout.
 
Le tramway 58, Wellington - Place d'Armes reliait Verdun au Vieux-Montréal. Il empruntait la rue Wellington, puis Colborne (aujourd'hui Peel) et tournait sur Notre-Dame vers l'est jusqu'à la Place d'Armes.

 Ironiquement M. Hébert s'en tira indemne et sans la moindre égratignure alors que M. Pronovost fut légèrement blessé. Il fut toutefois rapidement soigné à l'hôpital Saint-Luc et put ensuite regagner son domicile pour se reposer. Sur la photo les agents de police W. Joyce et A. Raymond font les constatations d'usage en vue de leur rapport.

* A cette époque la rue Peel (anciennement Windsor) s'arrêtait à Saint-Jacques car c'est là que se trouvait la gare Bonaventure et ses nombreuses voies ferrées allant vers l'ouest. La gare ne servait plus au transport des passagers mais le Canadien National continuait néanmoins d'utiliser l'endroit. Au sud, ce qui allait devenir la rue Peel portait le nom de Colborne.

Le lieu de l'accident.

14 juillet 2012

Les eaux dangereuses


Des gars dans la jeune vingtaine partent de Montréal pour s'en aller se baigner quelque part à Back River. Ca c'est le nom qu'on donnait dans le temps à la Rivière-des-prairies. Quand ils y arrivent ils se jettent à l'eau avec toute l'excitation qu'on peut deviner.

Dans le groupe de baigneurs il y a Georges Dionne, vingt et un ans. Il s'éloigne un peu des autres et puis tout à coup il disparaît sous l'eau. Il réapparaît et crie à l'aide. Ses amis nagent vers lui mais Georges a sombré de nouveau et ne parviennent plus à le trouver. Janvier Parent a plongé une vingtaine de fois, sans succès.

Trois hommes sillonnent le coin en chaloupe mais ne parviennent toujours pas à retrouver le corps de Georges. Il est au fond de l'eau, quelque part mais on ne sait pas où exactement. On ordonne donc de faire exploser des cartouches de dynamite pour faire remonter le corps (un moyen comme un autre dira t-on). À la troisième détonation le cadavre remonte et le coroner, après examen sommaire, autorise le transfert du corps... au domicile de ses parents.

Si l'on se fie à la tradition de l'époque, le corps de Georges fut probablement lavé et veillé à
la maison pour être enterré le lendemain.

L'article fait aussi mention d'une autre noyade, un matelot du nom de James Russell, 20 ans, qui se serait noyé alors qu'il se baignait près du navire sur lequel il servait. On ne mentionne pas à quel endroit cepandant mais comme il habitait Liverpool on peut assumer que le Lake Huron devait être un bateau fait pour les traversées océaniques qui devait donc se trouver à l'un des grands quais du Vieux-Port actuel.

Ca se passait au mois d'août 1900.

8 juillet 2012

Les assurances Crown Life en 1953


Cette publicité de 1953 de la compagnie d'assurance-vie Crown Life n'est pas tellement différente des autres à la même époque. Elle incite par un moyen ou un autre (ici on utilise une sorte de petite fable animale) à investir de l'argent tout en promettant un retour d'investissement intéressant. Ce qui est un brin étonnant avec cette annonce c'est le coupon à remplir, en bas à droite. Celui-ci devant être envoyé au siège social sur la rue Yonge à Toronto alors que la compagnie avait un certain nombre de représentants ici même à Montréal.




La compagnie d'assurances Crown Life fut fondée en 1900 et quelle ne fut pas ma surprise
d'apprendre lors de mes recherches que l'un des directeurs de la compagnie, à sa fondation, n'était autre que Sir Charles Tupper.

 Sir Charles Tupper est celui qui est à l'avant-plan au bout de la table.


La Crown Life est une autre de ces compagnies où un investissement aurait profité puisqu'elle existe encore aujourd'hui quoiqu'en tant que filiale de la Canada Life Assurance Company depuis 2007.



3 juillet 2012

Les plumes et stylos Parker en 1953


Vous est-il déjà arrivé d'observer de près cet objet très commun qu'est le stylo à bille et que nous utilisons tous aujourd'hui? Nous nous en servons de façon machinale sans penser qu'il s'agit là d'une invention tout à fait géniale.

Pour les besoins de cet article je vous ramène au début du vingtième siècle et vous place dans les souliers d'un citoyen devant écrire une lettre. Vous avez devant vous votre feuille de papier et entre les mains une plume-fontaine. Vous pourriez certes écrire avec un crayon à mine mais c'est une lettre importante alors l'encre est de mise. Voilà.

Heureusement les iCochonneries et les ordinateurs n'existent pas encore, vous faites donc partie de ces joyeux drilles qui savent écrire lisiblement à la main sans peine. Vous commencez donc la rédaction de votre lettre mais au bout de quatre phrases (c'est une longue lettre) vous vous rendez compte que votre plume n'écrit plus.

Vous allez donc dévisser la partie supérieure de la plume, c'est celà, et prendre le compte-gouttes qui se trouve juste là. Ouvrez le pot d'encre qui se trouve à côté de vous et trempez-y le compte-gouttes afin d'aspirer à l'intérieur une certaine quantité d'encre. Ah, et faites gaffe de ne pas en échapper parce que l'encre de Chine, étant parfaitement indélébile, ne pardonne absolument pas!

Bon, maintenant vous allez insèrer le bout du compte-gouttes rempli d'encre dans le réceptacle de la plume-fontaine afin de remplir le réservoir de celui-ci. N'allez pas trop vite afin d'éviter un débordement accidentel. Oui, je sais, c'est long mais vous n'avez pas exactement le choix. Peut-être qu'un jour quelqu'un inventera quelque chose de plus pratique mais ce moment n'est pas encore venu.

Votre réservoir est maintenant plein. Redéposez votre compte-gouttes dans le pot d'encre et revissez-le soigneusement car si l'encre est exposée à l'air l'eau s'en évaporera et rendra votre encre plus épaisse. C'est pratique pour ceux qui font des illustrations au pinceau mais pas tellement pour écrire. Et n'oubliez pas de refermer soigneusement l'embout de votre plume-fontaine, bien entendu.

Vivement l'arrivée de plumes-fontaine plus simples, plus pratiques et surtout moins salissantes. Des améliorations notables ont effectivement vu le jour mais la véritable révolution quant à la façon d'écrire va arriver avec le stylo à bille.

Les modèles de stylos que nous avons dans cette publicité de 1953 sont des variantes qui étaient aussi disponibles en version plume-fontaine. Le P-51 fut initialement mis sur le marché en 1941 et nommé ainsi afin de célébrer 1939 qui marqua le 51è anniversaire de la compagnie. Toutefois, les restrictions de fabrication imposées par le War Production Board lorsque les États-Unis entrèrent dans la Seconde Guerre firent que Parker ne put satisfaire à la demande. D'ailleurs, la ressemblance du Parker 51 avec le chasseur P-51 Mustang alors utilisé dans le conflit, bien qu'elle fut fortuite, fut utilisée par Parker dans ses publicités.
Quant au Parker 21 son design remonte à 1949 et était vendu moins cher.

La compagnie Parker, fondée en 1888 par George Safford Parker, existe toujours mais fait partie aujourd'hui (enfin, au moment d'écrire ceci) de la grande famille Newell Rubbermaid qui comprend aussi Sanford,Rotring, Sharpie, Papermate, Waterman et Liquid Paper. Les modèle P-21 et P-51 ne sont plus disponibles mais ce dernier, dans sa version plume-fontaine, est l'un des plus populaires chez les collectionneurs. A cet effet Parker mit sur le marché en 2002 une variante du nom de 51 Special Edition qui n'est plus disponible aujourd'hui.

La publicité d'aujourd'hui, bien que semblant sortir tout droit d'un numéro de Noël parut en réalité en août 1953. Il faut noter ici que les deux stylos n'ont pas été photographiés mais bien illustrés à la main, avec quelques petites erreurs de rendu aux pointes cepandant.